Le Gamou de Ndiassane 2026 sera placé sous le thème « L’éthique prophétique face aux crises contemporaines » (al-Khulq al-nabawī wa miḥnat al-‘aṣr). À travers ce choix, le comité scientifique Rawdul Hasīb, Ahloul Kuntiyou entend ouvrir une réflexion sur la capacité des valeurs incarnées par le Prophète Muhammad (PSL) à répondre aux crises morales, sociales et spirituelles de notre époque.
Au cœur de cette réflexion figure le concept de khulq, qui renvoie à une disposition morale intérieure façonnée par la tarbiya et la purification de l’âme. Le thème met ainsi l’accent sur la miséricorde, la justice, l’humilité et la véracité comme valeurs susceptibles de contribuer à renforcer la solidarité, le dialogue, la cohésion sociale et une gouvernance fondée sur l’éthique.
Le comité scientifique défend par ailleurs une lecture dynamique de l’héritage prophétique, loin d’une opposition entre tradition et modernité. Les questions liées aux droits humains, à la justice sociale, à l’écologie, à la gouvernance ou encore aux crises identitaires peuvent, selon cette approche, être éclairées par les enseignements prophétiques.
Le modèle de l’uswatun ḥasan (« bel exemple »), évoqué dans le Coran, est présenté selon trois dimensions : juridique, spirituelle et civilisationnelle. Cette approche entend dépasser la seule dimension normative pour mettre davantage en lumière la spiritualité, le lien social et les principes de justice.
À Ndiassane, cette éthique s’inscrit également dans une expérience spirituelle vécue à travers le dhikr, la xidma et la tarbiya. L’héritage de Cheikh Bou Kounta, notamment son attachement à la miséricorde, à l’hospitalité, à la justice et à la fraternité, constitue un autre axe de cette réflexion.
À travers ce thème, le Gamou de Ndiassane 2026 ambitionne ainsi de faire de l’événement un espace de réflexion sur les réponses que la spiritualité et les valeurs prophétiques peuvent apporter aux défis contemporains, notamment l’affaiblissement des liens familiaux, l’individualisme, les crises de gouvernance et le recul de la cohésion sociale, rapporte Seneweb.
