L’escalade militaire au Moyen-Orient menace de s’étendre au Caucase. Suite à une attaque de drones ayant visé l’exclave azerbaïdjanaise de Nakhitchevan plus tôt cette semaine, les relations entre Bakou et Téhéran se sont brusquement dégradées. Face à cette situation de crise à ses frontières, un acteur régional majeur a décidé de monter au créneau ce samedi pour tenter de désamorcer les tensions.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la Russie a officiellement interpellé l’Azerbaïdjan et l’Iran. Par la voix de Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Moscou a exhorté ses deux « partenaires stratégiques » à faire preuve de la plus grande prudence. La diplomatie russe demande aux deux capitales de s’abstenir de toute mesure irréfléchie afin d’éviter la création de nouvelles lignes de fracture dans la région, insistant sur la préservation du principe de bon voisinage.
Cette intervention diplomatique survient après les graves accusations portées jeudi par Bakou. Les autorités azerbaïdjanaises affirment que des drones lancés depuis le territoire iranien ont frappé le Nakhitchevan, causant des dommages à l’aéroport international de la région et blessant quatre personnes. Le président Ilham Aliyev a qualifié ces frappes d’« acte terroriste », exigeant des explications de la part des autorités iraniennes, des excuses officielles ainsi que des poursuites pénales contre les responsables. Lors d’un échange avec son homologue azerbaïdjanais Jeyhun Bayramov, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a formellement démenti tout tir de projectiles vers l’Azerbaïdjan, précisant que les forces armées iraniennes menaient actuellement une enquête.
Au-delà de cet incident bilatéral, la Russie a exprimé sa vive inquiétude face à la détérioration sécuritaire globale. Maria Zakharova a pointé du doigt les frappes massives menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier, les qualifiant de développements « extrêmement dangereux ». Cette offensive initiale, qui a coûté la vie à plus de 1 000 personnes, dont le guide suprême Ali Khamenei et de hauts responsables militaires, a déclenché de vastes représailles iraniennes et élargi le théâtre des opérations militaires à plusieurs pays voisins.
La porte-parole a souligné que Moscou tient les auteurs de ces attaques initiales, ainsi que leurs soutiens, pour responsables directs de la situation actuelle. La diplomatie russe s’est déclarée prête à fournir l’assistance nécessaire pour relancer les processus politiques et mettre fin immédiatement aux violences dans la région.