Alors que le conflit impliquant les États-Unis et Israël entre dans sa deuxième semaine, Téhéran a redéfini sa posture militaire vis-à-vis de ses voisins. La présidence iranienne a officiellement communiqué une nouvelle directive concernant les opérations armées menées au-delà de ses frontières.
Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a déclaré samedi que les pays de la région ne seraient plus pris pour cibles, à une exception stricte : aucune attaque ne doit être lancée depuis leur territoire. Cette mesure stratégique a été approuvée vendredi par le conseil de direction intérimaire de l’Iran.
Dans ses déclarations, le chef de l’État a également présenté des excuses aux nations voisines touchées par les tirs de ces derniers jours. Jusqu’ici, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn et Oman – qui forment le Conseil de coopération du Golfe (CCG) – ont été visés en raison de la présence d’installations américaines à l’intérieur ou à proximité de leurs frontières. L’Irak, la Jordanie, l’Azerbaïdjan et la Turquie se sont également retrouvés exposés aux retombées militaires.
Selon les informations d’Al Jazeera, la première semaine de cette guerre a déjà fait plus de 1 200 morts du côté iranien, consécutivement aux frappes israélo-américaines. Du côté des États-Unis, les pertes humaines recensées à ce stade s’élèvent à six morts, tués lors d’une attaque de l’Iran contre un centre de commandement américain situé au Koweït.
Au-delà du bilan humain, les répercussions matérielles et logistiques s’accumulent. La région fait face à des fermetures d’espaces aériens et à des perturbations majeures du trafic aérien. L’impact sur la production pétrolière et gazière suscite une alerte maximale sur les marchés internationaux.
Le ministre qatari de l’Énergie, Saad al-Kaabi, a prévenu lors d’un entretien accordé au Financial Times que les exportations d’hydrocarbures du Golfe pourraient s’arrêter « d’ici quelques semaines » si l’escalade se maintient. Une telle paralysie affecterait directement la croissance économique mondiale, entraînant une hausse généralisée des prix de l’énergie et des ruptures d’approvisionnement capables de bloquer de nombreuses chaînes de production industrielles.