Huit municipalités françaises, dont Paris, Lyon, Lille et Grenoble, ont décidé d’interdire temporairement le thon dans les cantines scolaires. Cette mesure, annoncée jeudi 28 août, fait suite à des inquiétudes concernant la contamination au mercure de ce poisson. Les villes concernées pointent du doigt « l’inaction » des autorités nationales, européennes et de l’industrie du thon face aux alertes lancées par les ONG Bloom et Foodwatch il y a près d’un an.
Les municipalités de Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes déplorent l’absence de mesures pour protéger les consommateurs, notamment les enfants. Elles ont donc décidé de retirer les produits à base de thon des menus scolaires. Le retour du thon dans les assiettes est conditionné à l’abaissement de la limite maximale de mercure. La Commission européenne fixe actuellement cette limite à 1 mg/kg. Les villes françaises demandent une réduction à 0,3 mg/kg, seuil le plus strict appliqué à d’autres poissons.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) classe le mercure parmi les « dix substances chimiques gravement préoccupantes pour la santé publique ». Les municipalités estiment qu’il est du « devoir moral de l’État et des élus de protéger les citoyens ». Elles appellent les ministères de la Santé et de l’Agriculture à intervenir auprès de Bruxelles pour modifier les normes européennes et à interdire, au niveau national, la commercialisation des produits à base de thon dépassant le seuil de 0,3 mg/kg. « L’affaire est grave, et il est du devoir moral de l’État et des élus de protéger les citoyens, à commencer par les enfants », ont-elles déclaré, selon l’agence Anadolu.
On va bientôt nous dire que le thon en question vient du Sénégal.