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France : Giscard et les « diamants de Bokassa »

L’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, décédé mercredi, s’était retrouvé en 1979 au centre de l’affaire dite des « diamants de Bokassa », suscitant une polémique embarrassante avant la présidentielle de 1981 qu’il allait perdre.

L’or reçu de Bangui

Le 10 octobre 1979, l’hebdomadaire français “Le Canard enchaîné” révèle que Valéry Giscard d’Estaing (VGE), a reçu en 1973, alors qu’il était ministre des Finances, une plaquette de trente carats de diamants offerte par le président centrafricain Jean Bedel Bokassa. La semaine suivante, Le Canard affirme que la valeur de la plaquette est de 1 million de francs et précise que d’autres diamants lui ont été offerts à l’occasion des ses déplacements à Bangui entre 1970 et 1975.

L’aveu de Bokassa

Le 27 novembre, le président Giscard d’Estaing oppose un « démenti catégorique et méprisant » aux allégations concernant la valeur des cadeaux qu’il aurait reçus. « Il faut, dit-il, laisser les choses basses mourir de leur propre poison ». L’hebdomadaire satirique relance l’affaire un an plus tard, le 16 septembre 1980, en publiant un entretien téléphonique avec l’ancien « empereur » centrafricain Jean Bedel Bokassa, déposé de son trône le 20 septembre 1979. Il affirme « avoir remis à quatre reprises des diamants au couple présidentiel ». « Vous ne pouvez pas imaginer ce que j’ai remis à cette famille-là », ajoute Bokassa. Dans une interview au Washington Post du 8 mai 1981, l’empereur déchu réaffirme avoir offert des diamants à VGE, en présence de témoins, à quatre occasions en huit ans.

Contrairement aux indications du président français, pour qui les diamants reçus n’étaient que de petites pierres, Bokassa affirme lui avoir offert des diamants de 10 à 20 carats. Il soutient également avoir offert à la famille Giscard d’Estaing, dont deux cousins, plus de diamants qu’à n’importe qui d’autre. « Je les ai gâtés », déclare-t-il, ajoutant : « ils sont pourris. »

Le démenti de VGE

Le 10 mars 1981, VGE déclare à la télévision qu’il « n’y a aucun mystère dans l’affaire des diamants » et que « le produit de ces cadeaux a été versé à des œuvres humanitaires centrafricaines ». Il précise que les diamants ont été vendus « au profit de la Croix rouge centrafricaine, d’une maternité, d’une pouponnière et d’une mission ». Selon l’hebdomadaire Le Point du 22 mars 1981, qui a consulté la comptabilité des cadeaux officiels à l’Élysée, les diamants ont été vendus pour une somme de 114.977 francs remise à des œuvres de bienfaisance centrafricaines.

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