Le président français a effectué ce jeudi un déplacement stratégique en Normandie pour réaffirmer les ambitions énergétiques de son pays. Lors de cette visite de terrain, un vaste plan de développement a été officialisé pour la décennie à venir, marquant une accélération dans la politique industrielle nationale.
Selon l’agence Anadolu, Emmanuel Macron s’est rendu sur le chantier de la centrale de Penly. Il a qualifié cette infrastructure de « chantier du siècle », insistant sur la place incontournable du nucléaire civil et militaire dans la résilience face aux chocs extérieurs. Le chef de l’État a souligné que la filière, un temps fragilisée par les doutes nés de l’accident de Fukushima en 2011, a été profondément consolidée. Cette relance s’appuie sur des investissements massifs, le programme du Grand Carénage, le développement des réacteurs EPR2 et la modernisation des protocoles par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
L’information centrale de ce déplacement réside dans le dimensionnement des futures capacités de production. Emmanuel Macron a acté que six nouveaux réacteurs sont d’ores et déjà en construction, tandis que huit unités supplémentaires sont prévues dans un second temps. Le site normand de Penly deviendra le point névralgique de ce déploiement, avec des prévisions d’embauche portant les effectifs à plus de 10 000 travailleurs sur place d’ici l’horizon 2032-2033.
Cette offensive industrielle s’inscrit dans une feuille de route énergétique nationale reposant sur trois piliers distincts : l’efficacité énergétique, l’essor des énergies renouvelables et le maintien d’un socle nucléaire fort. Une combinaison conçue pour garantir une énergie décarbonée, pilotable et compétitive.
Actuellement, la France tire 70 % de son électricité de l’atome. Cette capacité de production permet au pays d’exporter près de 90 térawattheures (TWh) chaque année, un niveau record à l’échelle européenne. En saluant la mobilisation des élus locaux et des services de l’État, le président français a conclu son intervention en rappelant la vocation internationale de la filière tricolore, dont le savoir-faire continue de s’exporter, notamment au Royaume-Uni.