Aliou Ngouye Ndiaye s’est exprimé, selon Thierno Lo, avec le niveau d’information dont il disposait au moment des faits. Sa déclaration a suscité un tollé, mais elle a aussi relancé une discussion longtemps évitée autour des fonds politiques.
La prise de parole d’un homme présenté comme un sachant, fort d’une expérience pratique, a provoqué de nombreuses réactions et l’intervention de plusieurs spécialistes. Pour Thierno Lo, cette attention doit conduire à interroger l’opacité qui a entouré l’utilisation de ces ressources pendant des années.
Il rappelle que le président de la République n’est pas propriétaire des deniers publics. Il en est le dépositaire, dans un cadre défini par la Constitution, les lois, les règlements et le serment présidentiel. Une dépense autorisée par le pouvoir politique ne devient donc pas automatiquement légale.
Le débat sur les fonds politiques doit désormais s’étendre au patrimoine de l’État. Thierno Lo cite notamment le patrimoine bâti de l’État, le foncier, les zones de captage et certains marchés publics. Il demande que soient examinés les terrains publics ayant changé de mains ainsi que les déguerpissements intervenus pendant que des privilégiés obtenaient des titres fonciers.
Dans sa prise de position, il distingue cette question de ce qu’il appelle le « Système ». Celui-ci renverrait plutôt aux règles, aux procédures, au Code administratif, aux corps de contrôle et aux mécanismes nécessaires au fonctionnement de l’État. Le problème viendrait, selon lui, d’hommes utilisant leur position pour obtenir des avantages non prévus par les textes.
Cette analyse intervient alors que le député Thierno Alassane Sall avait qualifié les fonds politiques de « vol » lors d’une session parlementaire, le 30 juin 2026. Il avait aussi déploré l’absence d’information du Parlement et l’absence de vote validant la création de ces crédits.
Thierno Lo met en parallèle ces privilèges avec les difficultés rencontrées par les étudiants, les paysans, les ambulants et une partie de la jeunesse. Il estime que le Sénégal dispose d’instruments importants, citant notamment les banques de développement, les industries textiles, les usines de matériel agricole, les coopératives, l’ISRA, la SODEVA, l’ONCAD, l’ENAM, l’ENEA, les lycées techniques et l’université.
Il demande que la gestion de ces acquis soit examinée et que les responsabilités soient établies dans le respect de la loi. Pour lui, une éventuelle opération « mains propres » devrait concerner tout le monde, sans vengeance, sélection ni esprit partisan. Xalima rapporte cette prise de position signée par Thierno Lo.
Le texte est signé Thierno Lo, qui se présente comme « Un Républicain Libre ».
