Les autorités de la Finlande ont annoncé, mercredi, la prise de contrôle du navire Fitburg et le placement en garde à vue de ses quatorze membres d’équipage. Cette intervention fait suite à des soupçons de dommages causés sur un câble de télécommunications sous-marin reliant le pays à l’Estonie, dans un contexte de surveillance accrue en mer Baltique.
L’opération a été menée conjointement par la police et les garde-côtes finlandais. Le navire a été localisé dans la zone économique exclusive de la Finlande par le patrouilleur Turva, soutenu par un moyen aérien, peu après le signalement d’une avarie sur le câble de données reliant Helsinki à Tallinn. Selon les informations communiquées lors d’une conférence de presse, les quatorze personnes interpellées sont des ressortissants russes, géorgiens, kazakhs et azerbaïdjanais. Une enquête est actuellement ouverte pour « dommages aggravés » et « interférence aggravée avec les télécommunications », en coordination avec le bureau du Procureur général.
Comme le relaye l’agence Anadolu, cet incident a provoqué une réaction immédiate des instances européennes. Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, a salué l’intervention d’Helsinki en soulignant que la mer Baltique subit des perturbations régulières. Elle a évoqué la nécessité de fortifier les infrastructures face à ce que l’UE qualifie de « menaces hybrides », pointant notamment les risques liés à la flotte fantôme russe. De son côté, Antonio Costa, président du Conseil européen, a confirmé suivre la situation de près, qualifiant l’action des autorités finlandaises de décisive pour la protection des infrastructures critiques.
Bien que l’interception du navire ait eu lieu dans les eaux finlandaises, l’opérateur Elisa a précisé que la rupture du câble se situe dans la zone économique exclusive de l’Estonie. Les Premiers ministres des deux nations, Petteri Orpo et Kristen Michal, ont activé les canaux de coopération bilatérale pour gérer cet incident. Le président estonien Alar Karis a exprimé son attente des conclusions de l’enquête, espérant qu’il ne s’agisse pas d’un acte délibéré, tandis que le ministère estonien des Affaires étrangères a assuré que la connectivité du pays demeurait garantie par des itinéraires alternatifs.


