L’Inde s’apprête à accueillir la finale du Mondial T20 de cricket ce dimanche, opposant son équipe nationale à la Nouvelle-Zélande. Au-delà de l’enjeu sportif inhérent à une finale mondiale, cette rencontre cristallise les attentes de plus d’un milliard de passionnés, marqués par un événement précis survenu il y a deux ans dans cette même enceinte d’Ahmedabad.
Le 19 novembre 2023, dans le stade Narendra Modi, l’équipe indienne essuyait une défaite face à l’Australie (victoire par six guichets) lors de la finale de la Coupe du monde des 50 overs. Selon un reportage d’Al Jazeera, le silence des quelque 90 000 spectateurs présents ce jour-là reste ancré dans les mémoires. Le capitaine australien de l’époque, Pat Cummins, avait d’ailleurs déclaré la veille du match qu’il n’y avait « rien de plus satisfaisant que d’entendre une grande foule devenir silencieuse ».
Pour conjurer ce souvenir, les supporters indiens fondent leurs espoirs sur l’équipe dirigée par Suryakumar Yadav. Les pronostiqueurs accordent à l’Inde 70 % de chances de l’emporter face aux Néo-Zélandais et de devenir ainsi le premier pays hôte à conserver son titre. Le parcours de la sélection a pourtant connu quelques alertes, notamment lors du match d’ouverture face aux États-Unis, d’une défaite contre l’Afrique du Sud et d’une demi-finale serrée contre l’Angleterre.
Cependant, la profondeur de l’effectif a permis de compenser ces difficultés. L’analyste et ancien joueur indien Aditya Tare, interrogé par Al Jazeera, souligne la qualité du groupe, citant l’impact de joueurs comme le lanceur Jasprit Bumrah, le polyvalent Hardik Pandya ou encore Sanju Samson. Ce dernier a notamment décroché deux titres d’homme du match dès son retour dans le onze de départ.
L’enceinte d’Ahmedabad, avec sa capacité maximale de 132 000 places, sera le théâtre de cette confrontation. Si le choix de ce stade, au détriment d’arènes historiques comme le Wankhede Stadium de Mumbai ou l’Eden Gardens de Kolkata, a suscité des discussions en ligne, sa capacité d’accueil permet à un nombre record de spectateurs d’assister à l’événement. Des groupes de supporters, à l’image du « North Stand Gang » basé à Mumbai, feront le déplacement. Pour ces passionnés, la pression inhérente à la présence de dizaines de milliers de spectateurs n’est pas perçue comme un fardeau, mais comme un privilège pour les joueurs sur le terrain.