Le mouvement « Farlu Jotna », piloté par le professeur Elhadj Malick Kane, a publié un communiqué repris par Xibaaru où il dresse un constat sans concession de la gestion du pouvoir par Bassirou Diomaye Faye, deux ans après son élection. Les Forces vives du Sénégal reprochent au président d’avoir dévié de sa ligne initiale et de s’être rapproché de figures de l’ancien système, trahissant les attentes populaires de 2024.
Le texte critique la composition du gouvernement mené par Al Aminou Lô, dominé par des technocrates, et l’absence du PASTEF, pourtant majoritaire. Il estime que « Le Projet » d’Ousmane Sonko a été mis de côté au profit d’une logique de conservation du pouvoir. Le dialogue national de dix jours lancé par le chef de l’État est qualifié de « pseudo-dialogue », vu comme une tentative de séduire les caciques de l’ancien régime et de céder aux pressions des lobbies.
Une opportunité historique à l’Assemblée nationale
Malgré ces critiques, Farlu Jotna perçoit l’élection d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale comme une chance inédite. Pour la première fois depuis l’indépendance, la majorité parlementaire n’est plus sous la coupe directe du président. Cette configuration impose, selon le mouvement, un rééquilibrage des institutions et ouvre la voie à des réformes profondes. Le mouvement réaffirme son appartenance à la coalition APTE et souligne l’urgence de réformes structurelles. Il liste quatre priorités : assurer une justice réellement indépendante, revoir l’équilibre des pouvoirs, réguler strictement les fonds secrets et instaurer des nominations basées sur le mérite et la compétence dans les entreprises publiques. Pour Farlu Jotna, le mandat présidentiel doit vite retrouver son cap initial, sinon le pays risque un blocage institutionnel majeur.
Cette défiance s’inscrit dans le sillage de la rupture au sommet de l’État. Le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko sans motif officiel, après des mois de frictions. Ousmane Barro, chef de cabinet du président, avait déclaré qu’« un tandem ne peut pas diriger un pays », plaidant pour une redéfinition du dialogue entre l’État et Pastef. Depuis, la formation d’un gouvernement sans le Pastef a provoqué des réactions : Aminata Touré, superviseure générale de la coalition Diomaye Président, a invité à laisser la démocratie fonctionner.
