Face aux dérives sociétales, un professeur désigne le système à réformer en priorité pour orienter la jeunesse

La société sénégalaise traverse une période complexe, marquée par une pression sociale constante et une perte de repères chez les plus jeunes. Face à ces défis, une réflexion a été rendue publique pour analyser les racines de ce mal-être collectif et proposer des pistes de résolution.

Dans une tribune publiée par le journal Sud Quotidien, Mouhamadou Diang Diallo, enseignant au lycée de Darou Mouhty, pose un diagnostic détaillé sur les maux qui touchent la population. Il identifie le mimétisme et la volonté de conformité comme les principaux moteurs des dérives actuelles. Selon son texte, l’injonction à la réussite standardisée pousse une partie des citoyens vers des choix extrêmes. Sont notamment cités les départs périlleux vers l’Europe ou les Amériques via le Nicaragua, ainsi que la recrudescence des actes délictuels motivés par le besoin de financer des cérémonies familiales fastueuses.

Le phénomène s’étend également aux questions de santé publique. L’enseignant souligne les dangers de la dépigmentation, une pratique décrite comme une aliénation exposant certaines femmes à des risques accrus de cancer de la peau, dans le seul but de correspondre à des standards esthétiques inadaptés à leur environnement naturel.

Pour contrer cette dynamique, l’auteur propose une réorientation reposant sur l’unicité biologique et intellectuelle de chaque individu. S’appuyant sur des exemples tirés du sport de haut niveau, il rappelle que chaque personne possède des aptitudes spécifiques. La solution réside, selon lui, dans une adaptation structurelle du système scolaire. Il plaide pour une éducation différenciée capable de détecter les prédispositions de chaque élève dès le cycle moyen, au lieu d’imposer un parcours académique uniforme.

Bien que des initiatives comme les Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel (ISEP) existent après le baccalauréat, le professeur estime qu’elles demeurent à un stade de balbutiements. Une intensification de ces filières techniques permettrait de désengorger les universités et de fournir des profils qualifiés au monde professionnel, constituant ainsi un levier direct contre le chômage endémique.

En définitive, la tribune invite les autorités éducatives à intégrer la connaissance de soi dans les programmes d’apprentissage. L’objectif affiché par l’auteur est de doter la jeunesse des outils nécessaires pour trouver sa place dans une nation aux valeurs bousculées, tout en restant ancrée dans la voie d’ouverture tracée par le premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire