Les pourparlers diplomatiques en cours à Islamabad entre les délégations américaine et iranienne se heurtent à une nouvelle friction sur le terrain. Alors que les deux pays tentent de consolider un cessez-le-feu préliminaire, des affirmations contradictoires émergent concernant le contrôle et la navigation dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a affirmé samedi que deux de ses destroyers, l’USS Frank E Peterson et l’USS Michael Murphy, ont traversé le détroit d’Ormuz. Selon les déclarations de l’amiral américain Brad Cooper, cette manœuvre s’inscrit dans une mission visant à déminer la zone, suite aux dispositifs posés par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) depuis le début des hostilités fin février. L’objectif affiché par Washington est d’établir une nouvelle voie sécurisée pour encourager la reprise du trafic commercial, fortement perturbé par la fermeture partielle du passage par l’Iran.
Cette déclaration a provoqué une réaction immédiate de Téhéran. Un porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya de l’armée iranienne a formellement rejeté les affirmations du CENTCOM. Selon les autorités militaires iraniennes, l’initiative de tout mouvement dans cette zone reste sous le contrôle exclusif des forces armées de la République islamique. Une analyse partagée par Maria Sultan, directrice générale de l’Institut sud-asiatique de stabilité stratégique, qui a indiqué à Al Jazeera qu’une libre circulation de la flotte américaine dans le détroit serait impossible sans l’autorisation préalable de Téhéran.
Ces échanges militaires interviennent en marge des négociations de haut niveau qui se tiennent actuellement au Pakistan. Les délégations, conduites par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, tentent de surmonter d’importants désaccords. Outre le programme nucléaire et le dégel des avoirs iraniens, le contrôle du détroit d’Ormuz constitue un point de blocage majeur. L’Iran propose d’y instaurer des droits de péage en guise de compensation pour les dommages de guerre, une option catégoriquement rejetée par les États-Unis.
En dépit des discussions en cours, le président américain Donald Trump a pris la parole sur son réseau Truth Social pour affirmer que l’Iran abordait ces négociations en position de faiblesse. Il a déclaré que les navires iraniens poseurs de mines avaient été détruits et a présenté les opérations de déminage américaines dans le détroit d’Ormuz comme un service rendu à la communauté internationale, citant notamment la Chine, le Japon et plusieurs pays européens.