La première conférence mondiale sur les réparations de l’esclavage s’est ouverte jeudi à Accra, au Ghana, avec une ambition claire : transformer la résolution historique de l’ONU en actions concrètes. Le président ghanéen John Mahama a annoncé la création de trois groupes de travail chargés de définir les modalités de cette justice réparatrice, selon Lemauricien.
En mars dernier, les Nations unies ont adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique de « crime le plus grave contre l’humanité », portée par le Ghana et votée par 123 États. Depuis, les initiatives se multiplient. Le président français Emmanuel Macron a approuvé l’abrogation symbolique des décrets royaux régissant l’esclavage dans les colonies, tandis que le pape Léon XIV a présenté des excuses pour le silence de l’Église, évoquant une « blessure dans la mémoire chrétienne ».
À Accra, M. Macron, intervenu par visioconférence, a insisté sur le fait que « l’histoire ne peut être réduite à une simple logique comptable », alors que des voix s’élèvent pour réclamer des indemnisations financières. Le sommet, qui réunit plusieurs chefs d’État dont le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye, la Première ministre de la Barbade Mia Mottley et le Libérien Joseph Boakai, doit poser les bases d’une démarche commune.
Les trois groupes de travail, dévoilés par John Mahama, se pencheront respectivement sur la restitution des biens culturels, les aspects juridiques des réparations et la coordination politique entre États. « Nous avons gagné la bataille contre l’esclavage, le colonialisme et l’apartheid. Nous gagnerons celle des réparations », a-t-il déclaré.
Le Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka a, lui, mis en garde contre une approche purement symbolique, appelant à « la réhumanisation de la mémoire » et dénonçant les « marchandisations de vies humaines » qui perdurent sur le continent. Une participante burkinabè, Mariam Abdoulaye, a plaidé pour des « fonds d’indemnisation structurés », l’annulation de la dette et la restitution des objets d’art pillés.
La conférence, prévue sur trois jours, rassemble plus d’un millier de participants issus de la diaspora et du continent.


