Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé, mardi à Dakar, sa vive préoccupation face au déclin de l’enseignement des sciences et des technologies au Sénégal. Devant les membres de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS), il a appelé à une mobilisation collective pour inverser cette tendance qu’il juge préoccupante.
Présidant une séance solennelle de l’ANSTS, le chef de l’État a fait de cette question l’un des principaux défis du système éducatif sénégalais.
« Pour ma première rencontre publique avec vous, je tiens particulièrement à mettre le doigt sur un problème critique de notre système éducatif : la constante et dangereuse détérioration de l’enseignement des sciences et des technologies à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle », a déclaré Bassirou Diomaye Faye.
Le Président a notamment déploré la disparition progressive des filières scientifiques, citant en exemple la série S1, orientée vers les mathématiques et la physique.
« Une série d’excellence comme la S1 est quasiment en voie de disparition. C’est préoccupant », a-t-il insisté, avant d’inviter la communauté scientifique et technique à redoubler d’efforts pour promouvoir les disciplines scientifiques auprès des jeunes.
Dans cette dynamique, le chef de l’État a annoncé qu’il demandera au ministre de l’Éducation nationale d’instituer, chaque année, un concours national de mathématiques, de sciences et de technologies destiné aux élèves des cycles élémentaire, moyen et secondaire.
Pour Bassirou Diomaye Faye, il est impératif de raviver l’intérêt des jeunes générations pour les disciplines scientifiques afin de renforcer la souveraineté nationale.
« Nous devons préserver le goût des mathématiques, des sciences et des technologies chez nos enfants. En le faisant, nous nous assurons que des réponses seront trouvées aux questions de souveraineté », a-t-il affirmé.
Le président de la République a, par ailleurs, salué l’engagement des membres de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, qu’il a félicités pour leur contribution au développement du pays.
Prenant la parole à son tour, le président de l’ANSTS, Moctar Touré, a partagé le constat du chef de l’État. Selon lui, le développement d’un pays passe inévitablement par une formation scientifique de qualité.
« Si on veut réussir, il faut inverser la tendance de l’érosion de l’enseignement des sciences. Un pays ne peut pas se développer en ignorant sa capacité à former des scientifiques », a-t-il déclaré.
Moctar Touré a également indiqué que cette problématique figure déjà parmi les priorités de l’Académie, qui a mis en place une commission dédiée à l’enseignement des sciences et aux relations avec les jeunes. Il a toutefois estimé qu’un engagement encore plus fort de tous les acteurs est indispensable pour redresser durablement la situation.
