Le débat sur la place de la France en Afrique se déplace vers l’Est dans ce texte d’opinion, qui présente un fait central comme acquis: après le recul de Paris au Sahel, Emmanuel Macron chercherait de nouveaux relais en Afrique de l’Est. Ce qui est avancé ici, c’est ce recentrage diplomatique et économique; ce qui n’est pas établi dans la source comme un fait démontré, c’est l’idée d’une simple reconduction, sous d’autres formes, des anciennes logiques d’influence.
L’auteur met en parallèle la stratégie africaine actuelle du président français et la conférence de Brazzaville de 1944, en estimant que la France tente encore de préserver son poids sur le continent. Le texte rappelle que des autorités militaires au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad ont poussé les forces françaises vers la sortie et mis fin à des accords de défense qui symbolisaient jusque-là l’ancrage de Paris dans le Sahel.
Dans cette lecture, Nairobi apparaît comme un point d’appui majeur. Le sommet Africa Forward organisé au Kenya avec un soutien français a réuni des dizaines de dirigeants africains, écrit Dailysabah, autour de thèmes comme l’innovation, l’énergie, la sécurité et le commerce. Le texte cite aussi les accords conclus avec l’administration du président kényan William Ruto dans les transports, le numérique, l’agriculture et l’économie bleue.
Ce que le texte affirme, et ce qu’il laisse en débat
L’article mentionne également l’expansion de groupes français comme TotalEnergies, Bollore, Orange S.A., Vinci et Carrefour dans plusieurs économies africaines, de l’énergie aux télécommunications, en passant par la logistique, la distribution et les infrastructures. Pour les partisans de cette présence, ces investissements peuvent signifier développement, emplois et modernisation.
Mais la tribune soutient qu’un rapport de force plus large se joue autour de l’Afrique, avec aussi la Chine, la Russie, la Türkiye, les Etats du Golfe, l’Inde et le Brésil. Elle avance que le continent reste riche en ressources mais faible dans la conservation de la valeur, en citant notamment le lithium, l’or et les diamants du Zimbabwe, ainsi que les exemples de l’avocat kényan, du cacao du Ghana et de la Côte d’Ivoire, ou encore du cobalt de la RDC.
Le texte se termine sur un enjeu politique plus large: pour son auteur, l’Afrique ne manque pas de potentiel, mais de capacité de négociation unifiée. Il insiste sur la coordination de l’Union africaine, sur l’intégration régionale, notamment au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, et sur la nécessité de transformer davantage localement les ressources au lieu d’exporter surtout des matières premières.