Le dossier des élections départementales et municipales s’enflamme sur la scène politique sénégalaise. Dans un communiqué officiel exploité par Senego, le parti PASTEF-Les Patriotes a vivement réagi aux réponses défensives formulées par le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique ainsi que par la Commission électorale nationale autonome (CENA), suite aux requêtes du parti visant à enclencher sans délai le processus électoral.
Un bras de fer autour de la fixation de la date du scrutin
Saisi par le Secrétaire général de PASTEF, Mohamed Ayib Salim Daffe, le Ministre de l’Intérieur avait opposé une fin de non-recevoir en s’appuyant sur une ordonnance de la Cour suprême (n°33 du 27 août 2026) et sur les articles L.236 et L.269 du Code électoral, estimant qu’aucun délai impératif n’était fixé à l’autorité pour édicter le décret de fixation de la date du scrutin.
Une argumentation rejetée en bloc par le parti au pouvoir, qui dénonce une « interprétation erronée » des textes. Selon PASTEF, le décret fixant la date des élections est l’acte fondateur indispensable, notamment pour respecter le délai impératif de 150 jours encadrant l’arrêté fixant le montant de la caution (articles L.247 et L.282). Le parti qualifie ainsi l’absence de décret de « violation flagrante du Code électoral » menaçant la légitimité du scrutin.
La CENA épinglée pour « dérobade »
Le parti fondé par Ousmane Sonko n’épargne pas non plus la CENA. Dans sa réponse, l’institution dirigée par Abdoulaye Sylla avait estimé que sa mission de contrôle commence avec la révision des listes électorales et se trouve de ce fait en aval de la fixation de la date du scrutin.
Une posture jugée inacceptable par le Bureau politique national de PASTEF, qui y voit une tentative de se « dérober à ses responsabilités ». Pour les Patriotes, admettre que la fixation de la date échappe à la CENA sous prétexte qu’elle est « en amont » reviendrait à concéder qu’il suffit à l’exécutif de s’abstenir pour paralyser l’ensemble des missions de régulation de l’organe.
L’appel à la transparence et la crainte du passé
Face à ce qu’il qualifie de « dérives » et de « report illégal » motivé par des raisons « bassement politiciennes », PASTEF-Les Patriotes exige que le Président de la République s’adresse directement au peuple sénégalais pour justifier ces retards, rappelant les lourdes pertes en vies humaines qu’avaient engendrées les reports politiques du passé. Le parti réaffirme avec force son attachement indéfectible au respect des échéances électorales, seules garantes d’un dialogue direct et fructueux entre le peuple et ses représentants.
