À Ziguinchor, au cœur de la saison pluvieuse, un plaidoyer retentit pour une transformation économique du Sénégal par la forêt. Dr Mohamed Lamine Manga, secrétaire général national des Sociaux Démocrates du Sénégal (SDS) et enseignant-chercheur à l’Université Assane Seck, a lancé un appel en faveur d’une industrie forestière nationale, selon Seneweb.
Au terme d’une journée de reboisement à Koubalan, il a souligné l’importance de planter tôt, en juillet, pour offrir aux jeunes arbres trois mois de pluies et une meilleure résistance. Il préconise même de consacrer la dernière semaine de l’année scolaire à la reforestation à travers le pays.
Face à l’expansion des industries gazières et pétrolières, le Dr Manga met en garde contre des énergies qu’il juge polluantes et non durables. Son alternative : une économie forestière conciliant préservation des écosystèmes, exploitation raisonnée et régénération. L’initiative en cours a déjà permis la mise en terre de 1000 dithériums, 300 palmiers ténéras et une quarantaine de cocotiers.
L’argument économique n’est pas en reste. Un dithérium mature peut générer jusqu’à 400 000 francs CFA par an, a-t-il détaillé. « Avec 10 000 dithériums, un village peut générer près de 4 milliards », a-t-il illustré, présentant la foresterie comme un levier stratégique de développement local.
Un contexte d’urgence environnementale
Cet appel intervient alors que le Sénégal continue de perdre en moyenne 11 500 hectares de forêts chaque année, d’après des données officielles dévoilées en mai 2026 lors du lancement du plan décennal de la foresterie 2026-2035. Les feux de brousse ont ravagé près de 1,2 million d’hectares lors de la dernière campagne, sur un patrimoine forestier national estimé à 9,3 millions d’hectares.
Dans la région même de Ziguinchor, la coupe illégale de bois a été identifiée par la CENTIF comme une infraction majeure alimentant le blanchiment de capitaux, selon une alerte de décembre 2025. Ces pressions renforcent la pertinence d’une filière organisée et durable, en parallèle des réflexions de l’État sur une taxe carbone pour financer la biodiversité.
L’initiative portée par le Dr Manga ne compte pas s’arrêter là. Une troisième édition est d’ores et déjà programmée pour l’année prochaine, avec une extension prévue vers Kousanar et d’autres localités.

Monsieur le Chercheur, votre analyse omet une variable cruciale : l’urgence du quotidien. Le ditax n’est pas une culture saisonnière, et les populations locales font face à des besoins immédiats. Projeter des gains de 4 milliards de FCFA à l’horizon d’une décennie relève du mirage pour des familles qui luttent pour la marmite du soir ; beaucoup n’en verront jamais les fruits.
Pour que ce plaidoyer soit viable, il doit impérativement intégrer cette nuance :
“L’objectif n’est pas de vous faire attendre quarante ans. Nous vous proposons de gagner de l’argent dès cette année en associant des cultures de court cycle entre les rangées. Grâce au greffage, la production de fruits sera effective d’ici 3 ans. Enfin, à long terme, cette forêt constituera un patrimoine en bois précieux de plusieurs milliards pour vos enfants, vous évitant de leur léguer un désert stérile.”
On dit detarium , l’arbre du ditakh. Quand on écrit un article le minimum est de faire un petit peu de recherche . Tchimmm