« J’aime bien que la France reconnaisse ses dettes. Voyez-vous ? Quand on regarde notre histoire, elle est faite de beaucoup d’ingratitudes », a déclaré Dominique de Villepin.
L’ancien Premier ministre français plaide pour une reconnaissance plus nette de la contribution des tirailleurs sénégalais et des autres soldats africains engagés sous le drapeau français. Il rappelle que plusieurs présidents, dont Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, ont déjà posé des actes en ce sens.
La dette de la France envers ces combattants reste, selon lui, liée à leur participation aux deux guerres mondiales et à d’autres opérations militaires. Cette prise de position est rapportée par Exclusif.
Dominique de Villepin cite également le massacre de Thiaroye, qu’il dit ne pas oublier. Le 1er décembre 1944, des tirailleurs africains qui réclamaient le paiement de leurs soldes ont été tués dans le camp de Thiaroye, au Sénégal. Il évoque des tirs qui auraient fait « plusieurs centaines de morts » et les relie à la question du paiement des pensions ainsi qu’aux craintes suscitées par le retour d’anciens combattants africains dans les colonies après 1945.
La France a depuis officiellement reconnu la réalité du massacre. Emmanuel Macron a accepté le terme de « massacre » et un Livre blanc a été publié, tandis que Paris a proposé son expertise aux archéologues sénégalais. Mais cette reconnaissance n’éteint pas la demande de justice et de réparations, portée notamment par l’historien Mouhamed Goloko.
Cette mémoire demeure au cœur des relations entre les deux pays. Le 1er décembre 2025, à l’occasion du 81e anniversaire de Thiaroye, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a prononcé un discours en hommage aux tirailleurs, donnant une portée politique actuelle au combat pour la vérité sur les victimes et les responsabilités.
« J’estime que vis-à-vis de l’Afrique, il y a un devoir de reconnaissance central », soutient Dominique de Villepin. Il inscrit aussi cette mémoire dans son histoire familiale, en expliquant que plusieurs de ses proches ont combattu aux côtés de tirailleurs algériens et sénégalais.
L’ancien chef du gouvernement estime enfin que la France actuelle ne serait pas la même sans la contribution de son ancien empire colonial.



De Villepin s’appitoie sur Thiaroye sans doute pensant solder les comptes avec les pays francophones d’Afrique, mais Quid de la françafrique au Tchad quand l’actuel PR Macron installe le dictateur Mahamat I. Deby dont l’armée a tué des centaines de manifestants ! la rancoeur de la France à l’encontre de l’AES, les foyers de tension encouragés par la France dans nos pays – l’irredentisme en Casamance Senegal, les appuis en ingérence au Congo de Sassou, Cameroun de Biya, CIV de ADO ceux-là s’eternisant au pouvoir avec force répression, la France complice à cause des faveurs léonines accordées à ses multinationales, … La France n’a jamais lâché ses précarrés en Afrique, elle pauoerise, donc elle nous prive des ressources majeures et notre santé en pâtit. C’est de l’assassinat perpétuel plus vicieux et meurtrier. Et Thiaroye n’est que l’anecdote
Les événements de Thiaroye en 1944, tout comme le massacre de Sétif et Guelma en Algérie ainsi que celui d’Agboville/Rubino en côte d’ivoire ou d’autres épisodes sombres de la période coloniale, constituent des points de rupture historiques majeurs dans la mémoire collective du continent africain. Pendant longtemps marginalisés dans les récits officiels, ces épisodes font désormais l’objet de réévaluations historiographiques, de recherches mémorielles et de débats publics intenses, tant en Afrique qu’en Europe.
Les mutations géopolitiques actuelles en Afrique de l’Ouest illustrent un profond désir de souveraineté politique, économique et stratégique. Ce phénomène se traduit par plusieurs dynamiques interconnectées :
La remise en cause des partenariats historiques : Les transformations observées au Mali, au Niger et au Burkina Faso témoignent d’une volonté de dénoncer les accords militaires et diplomatiques hérités de la période post-coloniale et de diversifier les alliances internationales.
Le débat sur la souveraineté économique : La question du contrôle des ressources naturelles et la critique des mécanismes monétaires comme le franc CFA sont au cœur des attentes des populations et des agendas politiques régionaux.
Les transitions politiques au Sénégal : L’élection de Dioumaye s’inscrit dans cette exigence populaire de rupture et de reconfigurations institutionnelles. Les orientations concrètes de son mandat en matière diplomatique et économique continuent de faire l’objet de suivis et d’analyses contrastées quant à leur portée réelle et à leur rythme d’exécution.
La relation entre la France et les États africains traverse une phase de redéfinition profonde, marquée par l’érosion des schémas d’influence traditionnels et l’émergence d’un monde multipolaire où les nations africaines entendent exercer pleinement leur autonomie de choix.