Lors de la séquence « sport et développement » du sommet Afrique-France à Nairobi, lundi après-midi, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a pris la parole aux côtés d’Emmanuel Macron, William Ruto et Duma Boko. Il a célébré « une année 2026 spéciale » pour son pays, « démarrée avec un titre de champion d’Afrique ». Une déclaration qui a provoqué cris et applaudissements dans l’auditoire, sous le regard rieur de Macron et le sourire gêné du patron de la CAF, Patrice Motsepe.
Un titre toujours en suspens
Ce titre est pourtant contesté. Le 18 janvier, le Sénégal avait battu le Maroc 1-0 en finale de la CAN à Rabat. Mais le 17 mars, le jury d’appel de la CAF a inversé le résultat, attribuant la victoire au Maroc sur tapis vert (3-0). La Fédération sénégalaise (FSF) a qualifié cette décision de « braquage administratif » et a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS). Selon L’Équipe, les mémoires de défense sont désormais entre les mains de l’instance basée à Lausanne.
Le Maroc, représenté à Nairobi par son chef du gouvernement Aziz Akhannouch, n’a pas participé à la session sport. Une source proche du dossier explique qu’ils « n’ont pas privilégié cette séquence ». Interrogée, la ministre française de la Francophonie Éléonore Caroit a déclaré n’avoir « rien entendu sur le sujet » et n’avoir « pas perçu de tensions ». Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a ajouté que le sujet « revient dans les dialogues bilatéraux ».
Au-delà du sport, l’affaire a des ramifications pénales. Un Français, frère d’un membre du staff sénégalais, accusé d’avoir jeté une bouteille d’eau lors des incidents en tribunes, a purgé trois mois de prison à Rabat. Dix-huit supporters sénégalais ont été condamnés ; trois ont été libérés le 18 avril, les autres purgent des peines de six mois à un an. Côté sénégalais, on tempère : « C’est une querelle entre frères, nous sommes comme la langue et les dents. La voie diplomatique va jouer son rôle. »


Et deux journaliste empoisonee