Le 2 juillet dernier, le président Bassirou Diomaye Faye avait déjà marqué son mandat par des nominations à la tête de la DER/FJ, de Petrosen et de la Somisen : Abdoulaye Niane y remplaçait Aida Mbodj, Thierno Seydou Ly succédait à Alioune Gueye, et Mamady Touré prenait le relais de Ngagne Demba Touré. Deux semaines plus tard, ce jeudi 16 juillet 2026, il a poursuivi son remodelage de l’administration lors d’un Conseil des ministres exceptionnel au Palais de la République, en nommant de nouveaux responsables dans les télécommunications, l’économie maritime, la santé, l’éducation et la diplomatie.
À la Présidence, Couro Kane devient secrétaire générale de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), en remplacement de Yellamine Goumbala. Le Port autonome de Dakar change aussi de directeur général : l’administrateur civil Doune Pathé Mbengue succède à Waly Diouf Bodiang. Dans la santé, plusieurs hôpitaux et directions régionales voient de nouvelles têtes, avec notamment Karamba Diallo nommé à la tête de la SEN-Pharmacie nationale d’approvisionnement.
Selon les informations relayées par EMedia, d’autres secteurs sont concernés. Au ministère des Mines, Cheikh Sadibou Diop devient secrétaire général, tandis que les ingénieurs géologues Lamine Diouf et Abdoulaye Diop sont promus directeurs généraux. Dans l’enseignement supérieur, le Pr Mamadou Sidibé prend la direction générale, et Cheikh Tidiane Gaye celle du CROUS de Thiès. La diplomatie n’est pas en reste : Fatou Gaye Ngom est nommée ambassadrice en Corée, Mamadou Ndiaye représentant permanent adjoint à l’ONU, et Mamadou Ba consul à Bordeaux.
Au ministère de la Santé, les Drs Mama Moussa Diaw, Cheikh Sadibou Senghor, Moustapha Faye, Bayal Cissé, Ababacar Mbaye et Niène Seck prennent respectivement la direction des régions médicales de Dakar, Thiès, Louga, Matam, Tambacounda et Kédougou.

Things have started moving along.
La gouvernance de l’État ne saurait s’accommoder de compromis qui fragilisent l’exigence d’exemplarité. À cet égard, la nomination de Cheikh Dieng suscite de légitimes interrogations. En son temps, son nom avait défrayé la chronique après avoir été publiquement soupçonné d’indélicatesse par son ministre de tutelle, lequel siège encore aujourd’hui au Conseil des ministres. Sans préjuger de sa responsabilité, cette situation soulève une question de cohérence dans les choix opérés au sommet de l’État.
Il est toujours délicat de revenir sur le parcours d’une personne. Toutefois, lorsqu’un gouvernement fait de la rupture, de la bonne gouvernance et de la rationalisation des dépenses publiques les piliers de son action, les nominations doivent être irréprochables, tant sur le plan de la compétence que de l’éthique. L’exemplarité ne peut être un principe à géométrie variable.
Le Président de la République gagnerait à éviter toute perception selon laquelle certaines décisions relèveraient davantage d’une logique de revanche politique que de l’intérêt supérieur de la Nation. Gouverner exige de dépasser les ressentiments et les considérations partisanes. À la magistrature suprême, l’intérêt général doit toujours prévaloir sur les passions, les calculs ou les règlements de comptes.
À l’observation de plusieurs actes et décisions récents, il est difficile de ne pas avoir le sentiment que prévaut parfois une logique selon laquelle « les ennemis de mes ennemis deviennent mes alliés ». Une telle impression, qu’elle soit fondée ou non, est préjudiciable à la crédibilité de l’action publique. Les nominations aux emplois civils et militaires relèvent certes des prérogatives constitutionnelles du Chef de l’État, mais ce pouvoir discrétionnaire ne saurait s’exercer au détriment des exigences de transparence, de mérite et de probité.
Dans une démocratie, il existe des vigies institutionnelles, des contre-pouvoirs, une presse attentive ainsi qu’une opinion publique vigilante.