Comment le pouvoir peut-il défendre ses choix lorsque son entourage reste en retrait face à l’activisme politique et militant de PASTEF ?
Depuis l’installation des nouvelles équipes dirigeantes, Bassirou Diomaye Faye apparaît régulièrement en première ligne pour expliquer les réformes, les finances publiques, le coût de la vie et les décisions gouvernementales. Cette analyse est publiée par Xibaaru.
La communication du pouvoir reste marquée par une certaine retenue. Elle contraste avec la présence quotidienne des responsables et sympathisants de PASTEF dans les médias, sur les réseaux sociaux et sur les plateformes numériques. Vidéos courtes, interventions et argumentaires leur permettent de répondre rapidement aux critiques et de défendre les orientations du régime.
Les ministres, directeurs généraux, conseillers et autres responsables de l’État disposent pourtant de données et d’éléments techniques pour rendre l’action publique plus compréhensible. Lorsque ces informations restent limitées aux rapports administratifs et aux communiqués, elles atteignent difficilement le grand public.
Cette situation place une charge importante sur le chef de l’État. Il doit répondre aux interrogations et présenter lui-même les grandes lignes de l’action gouvernementale. Une présidence ne peut toutefois pas reposer uniquement sur la parole présidentielle, estime l’analyse, qui appelle à un relais collectif du discours public.
Les dossiers liés aux finances publiques, à la dette, à l’énergie, à la réforme administrative, à la justice et à la souveraineté économique nécessitent des explications accessibles. À défaut, les chiffres et les réformes peuvent être réduits à des interprétations, des raccourcis ou des informations erronées.
Une stratégie plus structurée pourrait s’appuyer sur des porte-parole identifiés, des responsables en mesure de répondre rapidement et une coordination renforcée entre la présidence, le gouvernement et les services de l’État. Il ne s’agirait pas de transformer chaque ministre en polémiste, mais de disposer d’interlocuteurs capables d’expliquer les décisions.
La rapidité constitue aussi un enjeu. Dans l’espace numérique, une controverse peut se diffuser en quelques heures. Une réaction tardive laisse s’installer des lectures difficiles à corriger. La communication institutionnelle doit donc privilégier la précision, la transparence et la mise à disposition d’éléments vérifiables.
Répondre à l’activisme de PASTEF ne signifie pas reprendre ses méthodes. Le pouvoir peut s’appuyer sur l’action de l’État, les données publiques et les résultats des politiques menées, en privilégiant les faits et la pédagogie plutôt que l’invective.
Le 3 mai 2026, le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a déclaré : « Je ne partage pas ces craintes » au sujet de l’avenir de PASTEF.
