Dialogue Social : Les secrétaires généraux haussent le ton face au Gouvernement

Le Front syndical pour la défense des travailleurs est monté au créneau, pour dénoncer les propos tenus par le Premier ministre lors de son passage à l’Assemblée nationale. Dans une déclaration rendue publique, la conférence des secrétaires généraux dit avoir suivi « avec une profonde préoccupation » une intervention jugée « particulièrement hostile » à l’endroit des forces syndicales.

Les responsables syndicaux estiment que ces déclarations, marquées selon eux par « une posture belliciste et des menaces à peine voilées », s’apparentent davantage à « une tentative d’intimidation qu’à une volonté sincère d’instaurer un dialogue social responsable et constructif ».

Le Front rappelle que « l’expression revendicative, la mobilisation pacifique et la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs constituent des droits fondamentaux » garantis par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal.

Il insiste également sur le rôle des organisations syndicales, « acteurs essentiels de la démocratie sociale », qui ne sauraient être considérées comme « des adversaires politiques ni des ennemis de l’État ».

Au-delà des déclarations, les syndicats pointent le non-respect de plusieurs engagements contenus dans le pacte national de stabilité sociale. Ils dénoncent notamment le « refus manifeste de réintégrer les travailleurs abusivement licenciés » dans plusieurs structures publiques ainsi que l’absence de règlement pour les agents d’institutions et d’agences supprimées.

En conséquence, le Front dit « prendre acte » des propos du Premier ministre, tout en « dénonçant toute tentative d’intimidation visant à restreindre l’exercice des libertés syndicales ».

Il réaffirme son « attachement indéfectible au dialogue social » fondé sur « le respect mutuel, l’écoute et la négociation », mais se réserve le droit « d’engager toute action syndicale légitime pour la défense des travailleurs et des acquis sociaux ».

Les secrétaires généraux appellent enfin les autorités publiques à « privilégier la concertation et la responsabilité institutionnelle », estimant que ce sont « les seules voies capables de préserver la stabilité sociale et la paix civile ».

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