Dette cachée : le député Amadou Ba annonce une enquête parlementaire après l’accord avec le FMI

L’accord financier de 1 243 milliards de FCFA conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international n’a pas mis fin à la polémique sur la dette cachée. Vingt-quatre heures après cette étape, le député Amadou Ba, membre de Pastef et de la majorité parlementaire, annonce une enquête parlementaire sur la dette cachée.

Dans une publication sur Facebook, l’élu avance le chiffre de 7 000 milliards de FCFA. Il le présente comme un montant supérieur au budget annuel de l’État. Ce chiffre intervient alors que l’ampleur de la révision de la dette sénégalaise a été établie : officiellement évaluée à 74,4 % du PIB fin 2023, elle s’élevait en réalité à 111 %. Fin 2024, elle atteignait 118,8 % du PIB, soit 6 à 7 milliards de dollars supplémentaires par rapport aux montants précédemment déclarés. Le FMI a par ailleurs confirmé une sous-déclaration d’environ 5 milliards de dollars entre 2019 et 2024.

Son initiative vise à retracer les engagements financiers qui auraient été contractés sans apparaître correctement dans les comptes publics. La Cour des comptes a relevé une décision consciente de sous-estimer le stock de la dette. De son côté, le FMI, par la voix de son représentant résident Majdi Debbich, met en cause les défaillances de l’État et se dédouane de la dissimulation des montants.

Amadou Ba prévoit des auditions et des investigations sur les responsables impliqués, l’utilisation des fonds, les programmes financés, les comptes bancaires mobilisés et les sous-traitants. Les éventuelles surfacturations et les possibles détournements doivent également être examinés. Le député demande aussi des explications sur le mécanisme qui aurait permis de contourner les procédures budgétaires et le contrôle de l’Assemblée nationale.

Le parlementaire interpelle en parallèle le ministère des Finances et le gouvernement. Il leur reproche de ne pas avoir saisi le Parquet financier, malgré l’ampleur des montants évoqués. Cette annonce et ses demandes ont été rapportées par senenews. Amadou Ba écrit : « Le peuple souverain (…) devra connaître les responsables ». L’ancien président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, souligne toutefois qu’aucune mention de « dette cachée » ne figure dans le rapport du FMI, alors même que l’institution a confirmé l’existence d’une sous-déclaration de la dette.

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3 commentaires

  1. Au travail, M. Le ministre député. Revenir sur la « dette cachée » est une perte de temps dans la mesure où chaque partie se debine.

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