6 800 milliards de FCFA. C’est l’estimation de Barclays pour le service de la dette du Sénégal en 2026, contre 5 801,38 milliards inscrits par l’État dans le projet de loi de finances rectificative. L’écart atteint près de 1 000 milliards de FCFA.
La divergence s’étend au déficit budgétaire. Le gouvernement retient un niveau de 7,6 % du produit intérieur brut, tandis que la banque britannique avance 9,2 %. Pour l’économiste-statisticien Babacar Gaye, cette différence traduit notamment les doutes du marché sur les recettes que l’État pourra réellement mobiliser.
Le service de la dette ne correspond pas uniquement aux intérêts. Sur les 5 801,38 milliards prévus, 4 516,21 milliards sont destinés au remboursement du principal, contre 1 285,17 milliards pour les intérêts et commissions. Le principal représente ainsi environ 77 % des recettes budgétaires annuelles.
Le cadrage économique a également été revu. La croissance attendue passe de 5 % à 2,7 %. Le déficit progresse de 1 245,1 milliards à 1 735,2 milliards de FCFA, tandis que l’investissement public recule de 555 milliards. Babacar Gaye juge ces ajustements plus réalistes sur certains points, mais reste réservé sur les prévisions de recettes.
Les recettes fiscales sont annoncées en baisse de 8,4 %, alors que le recul de l’économie en valeur est estimé à 1,5 %. Les recettes des jeux de hasard sont, elles, désormais attendues à 120 milliards de FCFA, contre 300 milliards auparavant. Ces éléments alimentent les interrogations sur la crédibilité du cadrage initial.
Le coût du financement pèse aussi sur les marges budgétaires. Les intérêts et commissions augmentent de 94,6 milliards de FCFA par rapport à la loi de finances initiale. Les données sur le service de la dette Barclays et sur le déficit ont été rapportées par L’Observateur dans son édition du mercredi 23 septembre 2026, et relayées par dakaractu.
Babacar Gaye estime qu’un accord avec le Fonds monétaire international pourrait faciliter l’accès à d’autres financements. Il précise toutefois qu’un tel programme n’effacerait pas les échéances : les ressources seraient étalées dans le temps et une partie servirait à soutenir les réserves de change.



