La tension géopolitique au Moyen-Orient continue de perturber le commerce maritime mondial. Dans le détroit d’Ormuz, où plusieurs dizaines de navires sud-coréens sont immobilisés depuis l’escalade militaire de fin février, la situation pourrait connaître un dénouement sous réserve d’une exigence stricte fixée par la République islamique.
Selon l’agence de presse Anadolu, les bâtiments commerciaux battant pavillon sud-coréen sont autorisés à traverser ce couloir stratégique, mais uniquement après une coordination préalable avec Téhéran. L’ambassadeur d’Iran à Séoul, Saeed Koozechi, a clarifié cette position ce jeudi devant la presse locale. Qualifiant la Corée du Sud de « pays non hostile », le diplomate a précisé que tout passage nécessitait des consultations anticipées avec les autorités gouvernementales et militaires iraniennes.
Les enjeux humains et économiques sont particulièrement lourds pour Séoul. Actuellement, 26 navires sud-coréens, avec à leur bord quelque 180 membres d’équipage, demeurent bloqués dans cette voie maritime. La question a fait l’objet d’un échange téléphonique lundi entre le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, et son homologue iranien, Abbas Araghchi. Lors de cet entretien visant à garantir une navigation sûre, Téhéran a formellement demandé à Séoul de fournir les détails précis des bâtiments immobilisés.
Cette paralysie s’inscrit dans un contexte de contrôle accru du détroit d’Ormuz par l’Iran, effectif depuis les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël le 28 février dernier. Pour la Corée du Sud, l’impact potentiel est majeur : le pays dépend des États du Golfe pour près de 55 % de ses approvisionnements énergétiques, qui transitent tous par ce goulot d’étranglement. À titre indicatif, Séoul a consacré environ 144 milliards de dollars à ses achats d’énergie en 2024.
En parallèle de ces tractations avec la Corée du Sud, la mission diplomatique iranienne a indiqué sur le réseau social X que le libre passage restait garanti pour les « pays amis », une liste dans laquelle Téhéran inclut notamment la Chine, la Russie, l’Inde, l’Irak et le Pakistan.