La militante iranienne Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, est hospitalisée sous surveillance depuis cinq jours à Zanjan, dans le nord de l’Iran. Ses soutiens alertent sur une dégradation qu’ils jugent critique de son état de santé, après deux crises cardiaques présumées survenues ces dernières semaines alors qu’elle était détenue.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, les représentants de son comité de soutien basé à Paris estiment que la prisonnière de 54 ans pourrait mourir en détention si elle ne reçoit pas rapidement des soins adaptés. Son avocate, Chirinne Ardakani, a déclaré lors d’une conférence de presse que Narges Mohammadi se trouvait désormais « entre la vie et la mort » et qu’elle « se battait pour sa vie ».
Déjà atteinte de problèmes cardiaques, Narges Mohammadi aurait subi une première crise le 24 mars, puis une seconde le 1er mai, dans la prison de Zanjan, selon ses soutiens. Après le dernier épisode, elle a été transférée à l’hôpital de la même ville pour y être soignée, mais elle y reste constamment gardée. Son avocate affirme que son état connaît une « dégradation sans précédent ». Elle dit également que la militante a perdu 20 kilogrammes, a des difficultés à parler et est devenue méconnaissable par rapport à son état avant sa dernière arrestation.
Ses soutiens demandent son transfert à Téhéran pour une prise en charge par son équipe médicale personnelle, sans qu’aucun déplacement de Zanjan n’ait été annoncé à ce stade. D’après eux, la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël a aussi affecté sa situation, avec au moins trois frappes aériennes signalées à proximité de sa prison. Dans un communiqué distinct, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a accusé les autorités iraniennes d’exposer la vie de la militante à un risque en lui refusant des soins spécialisés urgents hors de la prison.
Narges Mohammadi a passé une grande partie des vingt dernières années entre périodes de liberté et détentions en raison de son engagement pour les droits humains en Iran. Elle avait été arrêtée de nouveau en décembre après avoir dénoncé la République islamique lors des funérailles d’un avocat. Ses jumeaux adolescents, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent à Paris, n’ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et avaient reçu en son nom le Nobel de la paix pendant son incarcération. Dans une déclaration lue à la conférence de presse, sa fille Kiana a affirmé que les soins reçus étaient « minimaux » et que cette surveillance constante ne constituait pas un véritable traitement.