Destruction des maisons à Dakar : Momar Ndiaye montre la voie au maire Abass Fall…

Le directeur de l’Aménagement urbain et de la Restructuration et candidat à la mairie de la Ville de Dakar, Momar Ndiaye, salue la décision du maire Abass Fall de procéder à la démolition des bâtiments menaçant ruine, mais critique la méthodologie adoptée. Dans une lettre ouverte publiée ce 28 août 2026, il plaide pour une approche fondée sur le relogement des familles, la reconstruction et le renouvellement urbain. L’opération engagée par la Ville de Dakar pour démolir les bâtiments présentant un risque pour leurs occupants est, selon Momar Ndiaye, une initiative « salutaire » au regard de l’impératif de sécurité. Mais pour le responsable de l’Aménagement urbain et de la Restructuration, la réponse à l’habitat menaçant ruine ne saurait se limiter à la destruction des bâtiments.

Momar Ndiaye appelle Abass Fall à passer de « la démolition d’urgence au renouvellement urbain durable »

Dans une lettre ouverte adressée au maire de Dakar, Abass Fall, le directeur de l’Aménagement urbain et de la Restructuration estime que « démolir sans reloger ne résout pas le problème, il le déplace ».
« Une famille évacuée sans solution ne disparaît pas »
Momar Ndiaye attire particulièrement l’attention sur les conséquences sociales des opérations de démolition. Selon lui, une famille évacuée sans solution de relogement risque de se retrouver dans la rue, chez des proches ou dans un autre logement précaire.
« C’est toute la stabilité sociale du ménage qui se brise », soutient-il, soulignant également la situation des propriétaires et ayants droit qui, faute de moyens financiers pour reconstruire, peuvent demeurer confrontés aux mêmes difficultés après la démolition.
Pour le responsable politique, la question de la sécurité des populations doit donc être accompagnée d’une véritable politique de renouvellement urbain.

La loi sur le renouvellement urbain comme levier

Dans sa lettre, Momar Ndiaye rappelle que le cadre juridique offre déjà, selon lui, des possibilités d’intervention à la Ville de Dakar.
Il cite notamment le Code de l’Urbanisme, issu de la loi n°2023-20 du 29 décembre 2023, dont les articles L.189 et L.190 consacrent le renouvellement urbain. L’article L.191 prévoit notamment que la commune peut prendre l’initiative d’une opération de renouvellement urbain par délibération du conseil municipal.
« La Ville de Dakar n’a donc pas besoin d’attendre », estime-t-il.

La Médina comme première expérience

Pour concrétiser cette approche, le directeur de l’Aménagement urbain et de la Restructuration propose de commencer par la Médina, où la problématique du bâti ancien et dégradé se pose avec une acuité particulière.
Son modèle repose notamment sur la reconstruction en hauteur, immeuble par immeuble, avec restitution de logements aux propriétaires et ayants droit.
Il préconise également une opération dite « tiroir », consistant à procéder par étapes, afin de permettre le relogement temporaire des ménages concernés. Une attention particulière devrait, selon lui, être accordée aux familles vulnérables, avec la constitution d’une réserve de logements communaux destinée notamment aux situations d’urgence.

Que faire des terrains après les démolitions ?

Au-delà de la destruction des bâtiments dangereux, Momar Ndiaye pose une autre question : « que devient l’espace libéré ? »
Il met en garde contre le risque de voir les terrains laissés vacants devenir des espaces propices aux occupations anarchiques.
Pour lui, une démolition ne devrait donc jamais constituer une opération isolée. Elle doit, au contraire, être intégrée à un projet global de valorisation et de transformation urbaine.

C’est dans cette perspective que le candidat à la mairie de la Ville de Dakar propose de transformer les opérations de démolition en véritables projets de renouvellement urbain reposant notamment sur le partenariat public-privé (PPP).
Cette démarche permettrait, selon lui, de poursuivre plusieurs objectifs simultanément : restituer des logements neufs aux propriétaires et ayants droit, reloger prioritairement les ménages vulnérables, créer une réserve de « Logements Communautaires Solidaires », financer des équipements d’intérêt communal et accompagner les familles vulnérables à travers des activités génératrices de revenus.
Une approche qui, à ses yeux, permettrait de faire de la lutte contre les bâtiments menaçant ruine non pas seulement une opération de sécurité, mais également un levier de transformation du tissu urbain dakarois.

« La sécurité se construit avec les habitants »

Dans sa lettre ouverte, Momar Ndiaye se veut à la fois critique et force de proposition. Tout en reconnaissant l’urgence de protéger les populations, il appelle la municipalité de Dakar à associer davantage les habitants aux opérations de transformation de leurs quartiers.
« La sécurité ne se décrète pas. Elle se construit avec les habitants, pas à leur place », affirme-t-il.
Le responsable politique invite ainsi Abass Fall à dépasser la logique de démolition d’urgence pour engager Dakar sur la voie d’un renouvellement urbain humain, inclusif et durable.
« Il est temps pour Dakar de passer de la démolition d’urgence au renouvellement urbain durable. Vous avez le droit d’agir. Vous avez le devoir de reloger », conclut Momar Ndiaye, qui attend désormais une réponse du maire de Dakar.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire