Lors de ses déplacements dans dix régions du Sénégal, le médiateur de la République Demba Kandji dit avoir mesuré l’ampleur des violences infligées chaque jour aux femmes et aux filles.
La mobilisation de Demba Kandji contre les violences faites aux femmes s’appuie sur les saisines reçues à Ziguinchor, Kolda, Sédhiou et Dakar. Il rapporte des abus sur le trajet de l’école comme dans les domiciles, souvent vécus dans le silence. « Ce n’est pas normal », a-t-il martelé. Cette réalité s’inscrit dans une ampleur documentée : entre 2020 et 2024, 1 510 victimes de viol et de pédophilie ont été recensées au Sénégal, dont 957 mineurs. La ministre de la Justice, Yassine Fall, a souligné les obstacles structurels et sociaux qui continuent de freiner l’application de la loi.
Le silence qui entoure ces violences est aussi nourri par la dépendance et la peur au sein des couples. Dans une tribune publiée par Le Quotidien, Baba Dieng décrit la « double persécution » qui frappe les femmes rurales, exposées à la violence mais également aux mécanismes sociaux qui les empêchent de parler ou de partir. L’urgence s’est encore imposée au début de 2026 : le 1er janvier, M. Y. Fall, 58 ans, est décédée après une chute du deuxième étage à Pikine, consécutive à la violence de son compagnon. Le collectif Luy Jot Jot Na estime déjà que « 2026 est déjà une année de violences contre les femmes », après au moins 18 féminicides médiatisés en 2025 au Sénégal.
Le médiateur soutient l’initiative de l’African Women Leaders Network Sénégal et du ministère de la Famille. Comme l’écrit Le Soleil, et le rapporte également Seneweb, il promet de s’engager pleinement pour la ratification de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles.
Adoptée en février 2025, cette convention est présentée comme le premier cadre panafricain juridiquement contraignant consacré à la prévention et à l’élimination de toutes les formes de violences visant les femmes et les filles. Sa ratification entendrait répondre à la fois à l’ampleur des faits recensés et aux difficultés persistantes qui empêchent les victimes d’obtenir protection et justice.
