La surcharge des véhicules lourds continue de fragiliser le réseau routier dans l’espace UEMOA. Face à cette situation, le secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye, a plaidé pour un renforcement de l’application du Règlement n°14 de l’UEMOA, destiné à préserver les infrastructures routières.
S’exprimant lors d’une rencontre consacrée à la protection du patrimoine routier, il a rappelé que ce règlement, adopté en 2005 à Bamako, fixe la charge maximale à l’essieu à 11,5 tonnes et prévoit des sanctions en cas de dépassement.
Le responsable a indiqué que le Sénégal applique ce dispositif depuis 2012 et dispose actuellement de 24 postes de pesage fixes ainsi que de cinq brigades mobiles, constituant le réseau de contrôle le plus dense de l’Union. Selon lui, ces investissements ont permis de réduire les cas de surcharge extrême.
Malgré ces avancées, Abdoulaye Guèye a relevé que le taux de dégradation du réseau routier communautaire a augmenté de 32 % entre 2022 et 2023, une situation qu’il attribue à la persistance des surcharges et à la circulation de camions non conformes. Il a également déploré que l’objectif de ramener le taux de surcharge en dessous de 10 % ne soit toujours pas atteint, quatorze ans après la mise en œuvre du dispositif.
Le secrétaire général a, par ailleurs, souligné qu’aucun État membre de l’UEMOA n’applique encore intégralement le Règlement n°14. Il a précisé que, bien que le Sénégal figure parmi les pays les plus avancés dans ce domaine, il maintient une tolérance de 20 % sur les surcharges, contre un seuil de 15 % recommandé au niveau communautaire.
Les autorités, a-t-il assuré, entendent poursuivre les réformes tout en prenant en compte les préoccupations des transporteurs.

