Déficits immunitaires au Sénégal : 90 % des patients ne seraient pas diagnostiqués

Un immunologue sénégalais a alerté à Dakar sur le sous-diagnostic des déficits immunitaires primitifs (DIP), estimant que la grande majorité des personnes concernées au Sénégal ne sont pas identifiées.

Le professeur Tandakha Ndiaye Dièye a lancé cet appel lors d’un panel organisé à l’hôpital d’enfants Albert Royer, dans le cadre de la Semaine mondiale de l’immunodéficience primitive. Il a indiqué que 90 % des patients atteints de cette maladie ne sont pas diagnostiqués. L’information a été rapportée par l’APS. Le spécialiste a aussi rappelé que de nombreux enfants sont morts sans que leur pathologie ne soit reconnue à temps.

La rencontre avait pour thème l’urgence d’agir en faveur d’un repérage plus précoce, d’un traitement rapide et d’un meilleur accompagnement. Médecins, chercheurs, responsables hospitaliers, associations de patients et parents d’enfants malades y ont pris part. Fondateur de l’Association des déficients immunitaires primitifs, Tandakha Ndiaye Dièye a précisé que les premiers travaux menés sur ces maladies au Sénégal remontent à 2009, à la faveur de collaborations scientifiques avec des spécialistes du Maghreb.

À ce jour, une cinquantaine de cas ont été recensés dans le pays, dont une trentaine suivis régulièrement à l’hôpital Albert Royer de Fann, présenté comme centre de référence pour la prise en charge des DIP. Le professeur a expliqué que ces maladies d’origine génétique peuvent provoquer des infections graves et répétées, mais aussi des troubles auto-immuns, inflammatoires et parfois certains cancers. Il a insisté sur le besoin de renforcer les capacités des laboratoires sénégalais pour limiter le recours aux analyses réalisées à l’étranger.

Du côté des familles, Samba Sette, secrétaire général de l’ASDIP, a évoqué les hospitalisations répétées, le coût des soins et une longue errance avant l’obtention d’un diagnostic. Il a plaidé pour un accès équitable aux immunoglobulines, un accompagnement psychosocial et la création d’une unité dédiée. La professeure Indou Dème Ly, coordonnatrice de l’Unité de soins ambulatoires pour enfants et adolescents drépanocytaires de l’hôpital Albert Royer, a pour sa part souligné que ces maladies restent difficiles à détecter en Afrique à cause du prix élevé des examens et du manque de structures spécialisées. Elle a également salué le travail engagé depuis 2014 par l’hôpital, tout en appelant à mieux préparer la transition des adolescents vers les services pour adultes.

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