L’affaire a débuté par ce qui s’apparentait à une urgence médicale nocturne. Le samedi 21 mars, la Sûreté urbaine du commissariat central de Guédiawaye est saisie par l’hôpital Roi Baudouin pour procéder à l’autopsie de Khadija Sow, une commerçante de 26 ans. Admise dans l’établissement à la suite d’un malaise, la jeune femme, en état de grossesse avancée, y a rendu l’âme.
Face aux enquêteurs, l’époux de la défunte, M. Seck, a retracé les derniers instants de sa femme. Selon ses déclarations consignées sur procès-verbal, Khadija Sow se serait plainte de maux de tête dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 mars, aux alentours de 23 heures. Elle se serait ensuite effondrée dans leur chambre avant d’être évacuée en urgence par taxi vers la structure sanitaire, où le personnel n’a pu que constater son décès.
Cependant, les examens post-mortem ont orienté le dossier vers une piste criminelle. Les résultats de l’autopsie, pratiquée à l’hôpital général Idrissa Pouye et rapportés par IGFM, confirment d’abord que la victime portait une grossesse estimée à 27 semaines. Le document médical relève par ailleurs une cardiopathie dilatée décompensée. Mais c’est une autre observation clinique qui a retenu l’attention des autorités : la présence d’un hématome sur le cuir chevelu, bien qu’aucune fracture n’ait été notée.
Informé de ces conclusions médicales, le procureur Saliou Dicko a pris des mesures restrictives de liberté. Le magistrat a ordonné le placement en garde à vue de l’époux. M. Seck est désormais poursuivi pour coups mortels.

Drame de la grossesse : Quand le cœur lâche et que le silence tue
Le décès d’une jeune femme enceinte est une tragédie insupportable. Mais quand l’ignorance médicale se mêle aux secrets de famille, l’injustice s’ajoute au deuil. Aujourd’hui, un époux et ses parents se retrouvent en garde à vue, victimes d’une incompréhension totale d’une maladie cardiaque foudroyante : la cardiopathie dilatée.
Une « bombe à retardement » dans le cœur :
La cardiopathie dilatée n’est pas une blessure visible. C’est une maladie où le cœur s’élargit et s’amincit, perdant sa force de pomper le sang.
Le piège de la grossesse : Pour une femme enceinte, le volume de sang augmente de 50 %. Un cœur malade ne peut pas supporter cet effort. Il « décompense ».
Les faux signaux : La fatigue, l’essoufflement ou les maux de ventre (dus au foie qui gonfle sous la pression du sang) sont souvent confondus avec les désagréments normaux de la grossesse.
L’hématome : la chute, pas le crime L’hématome retrouvé sur le cuir chevelu de la victime, sans fracture, est le témoin d’un malaise cardiaque, et non d’une violence. Lorsque le cœur s’arrête ou flanche, la personne s’effondre. Cette bosse est la signature d’une chute accidentelle provoquée par l’agonie du cœur, et non par un coup porté.
L’hypocrisie du silence familial
Le point le plus révoltant de cette affaire réside dans le silence de la famille biologique de la défunte. La cardiopathie dilatée est héréditaire dans près de 50 % des cas. Si la famille savait que cette pathologie existait dans leur lignée et l’a dissimulée à l’époux, elle a privé cette femme d’une surveillance médicale vitale. Comment peut-on accuser un mari et ses parents de « négligence » ou de « violence » alors qu’ils ignoraient tout d’un mal tenu secret ?
L’époux a pris soin d’une femme qu’il croyait simplement fatiguée par sa grossesse.
La famille de la femme, en cachant la gravité de ses antécédents, a laissé cette « bombe » exploser entre les mains de son époux sans que les médecins ne puissent intervenir à temps.
Soutien à l’époux et ses parents Placer en garde à vue des personnes en plein deuil, sur la base d’une méconnaissance médicale, est une double peine.
L’enquête doit se tourner vers le carnet de santé et le passé médical caché. La vérité n’est pas dans la violence, elle est dans les gènes et dans le muscle cardiaque qui a cessé de battre. Accuser les proches aujourd’hui, c’est masquer la responsabilité de ceux qui savaient et qui n’ont rien dit.
Ça c’est trop fort.