Dans un ouvrage, Dr Babo Amadou Ba propose le Kopar comme monnaie souveraine du Sénégal

Le financier Dr Babo Amadou Ba propose la création du Kopar, une monnaie nationale pour le Sénégal, dans son ouvrage Souveraineté monétaire pour un développement endogène et durable – Du franc CFA au Kopar. Cette proposition s’inscrit dans un débat récurrent sur l’avenir monétaire de l’Afrique de l’Ouest : le 25 mars à Dakar, une table ronde internationale organisée par le Mouvement International pour les Réparations autour du thème « Le CFA et l’endettement quelle alchimie pour libérer nos économies » a notamment remis au centre des échanges la question de la création d’une monnaie propre au Sénégal. Parlementaires, experts, chercheurs et figures panafricanistes y ont pris part, dans un contexte de remise en cause croissante du franc CFA.

Dans un entretien publié par Theconversation, Babo Amadou Ba explique que la souveraineté monétaire suppose qu’un État puisse décider de sa monnaie, du régime de change, des taux d’intérêt et de l’orientation du crédit. Il distingue cette capacité de la simple émission de billets portant un nom national. Le Sénégal, précise-t-il, ne fixe pas actuellement son taux directeur ni sa parité de change, ces décisions relevant de l’architecture régionale autour de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

La proposition ne signifie pas, selon lui, une rupture avec la coopération régionale. Babo Amadou Ba défend plutôt une organisation reposant sur des monnaies nationales souveraines et une monnaie commune. Il estime aussi qu’un État doté de sa monnaie devrait assumer la discipline budgétaire, la stabilité financière, la maîtrise de l’inflation, la solidité des réserves et la crédibilité de sa banque centrale.

Dans son analyse, la parité fixe avec l’euro et la libre circulation des capitaux limitent la marge de manœuvre monétaire. Il considère que cette contrainte contribue à un financement insuffisant des secteurs productifs, notamment l’industrie, l’agriculture, les PME, l’énergie et les infrastructures. Il précise toutefois que le franc CFA n’explique pas à lui seul les difficultés économiques du Sénégal. Le débat sur une monnaie nationale porte ainsi aussi sur les leviers de financement et les conditions d’une transformation productive, au-delà du seul choix du nom de la monnaie.

Le ratio du crédit au secteur privé rapporté au PIB se situe autour de 23 à 25 % au Sénégal et dans l’Uemoa, selon les éléments avancés dans l’ouvrage.

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