Prenant la parole lors de la conférence internationale consacrée à la biographie de Cheikh El Hadj Abdoulaye Niass, tenue les 6 et 7 juin à Dakar, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a mis en avant la richesse du patrimoine spirituel légué par le fondateur de l’école Niassène, tout en soulignant la solidité des relations historiques entre le Maroc et le Sénégal.
L’ambassadeur a d’abord transmis les salutations de Mohammed VI aux autorités et au peuple sénégalais, rappelant que la rencontre se tenait sous le haut patronage du souverain marocain et du président Bassirou Diomaye Faye. Il a formulé des prières pour « la sécurité, la stabilité et la prospérité » des deux pays.
Selon Hassan Naciri, le Maroc et le Sénégal entretiennent depuis des siècles des relations « historiques et spirituelles exceptionnelles », bâties sur les échanges religieux, scientifiques et culturels.
Il a rappelé le rôle joué par les savants et maîtres spirituels des deux nations dans la consolidation d’un patrimoine commun fondé sur le rite malékite, la doctrine acharite et le soufisme sunnite.
Rendant hommage à Cheikh El Hadj Abdoulaye Niass, le diplomate marocain a estimé qu’il n’était « pas seulement un savant parmi d’autres », mais « le fondateur d’une école intellectuelle et spirituelle » qui a profondément influencé la conscience religieuse du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest.
Il a souligné sa contribution à l’enracinement de la Tijaniyya et à la formation de générations de savants, d’éducateurs et de prédicateurs.
L’ambassadeur est également revenu sur les liens historiques entre la famille Niass et le Maroc, notamment le voyage de Cheikh El Hadj Abdoulaye Niass à Fès au début du XXe siècle. Il a rappelé que cette ville, qui abrite le mausolée de Sidi Ahmed Tijani, demeure un haut lieu spirituel pour les disciples de la confrérie au Sénégal.
Évoquant la Fayda Ibrahimiyya, Hassan Naciri a salué l’œuvre de Ibrahim Niass, qu’il a présenté comme « l’une des grandes figures du renouveau spirituel du XXe siècle ». Il a rappelé que son action a contribué à faire de Kaolack un centre spirituel de rayonnement international et a favorisé le renforcement des échanges religieux entre le Maroc et le Sénégal.
Le diplomate a également exprimé la reconnaissance du Royaume du Maroc envers la famille Niass pour ses efforts dans la diffusion « des valeurs de l’islam tolérant, du vivre-ensemble et de l’éducation spirituelle ».
Il a, dans le même élan, rendu hommage à l’ensemble des familles religieuses sénégalaises, notamment les confréries Tidiane, Mouride, Qadir etc., pour leur rôle dans la préservation de la paix sociale et de la stabilité du pays.
Entre autres, Hassan Naciri a évoqué les liens historiques entre certaines figures religieuses sénégalaises et le Maroc lors de la Marche Verte en 1975.
Il a rappelé qu’une délégation issue de Kaolack avait exprimé son soutien à cet événement et avait été reçue par feu Hassan II, illustrant, selon lui, « la profondeur de la solidarité spirituelle » entre les deux pays.
En dernière analyse, l’ambassadeur a appelé à la préservation et au renforcement des liens de fraternité entre le Maroc et le Sénégal, au service de la paix, de la prospérité et de la coopération entre les peuples africains et musulmans.
