Le président américain Donald Trump a publiquement critiqué la Première ministre italienne Giorgia Meloni, marquant une rupture avec l’une de ses principales alliées européennes. Ces tensions surviennent dans un contexte de profonds désaccords sur la gestion du conflit armé avec l’Iran et la sécurité maritime internationale.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, le dirigeant américain a fait part de sa déception ce mardi lors d’une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera. Alors qu’il l’avait qualifiée de « grande dirigeante » le mois précédent, Donald Trump a déclaré s’être trompé sur son compte, lui reprochant un manque de courage. Cette sortie médiatique fait suite au refus de Rome de participer aux opérations de réouverture du détroit d’Ormuz, actuellement bloqué par l’Iran.
La détérioration des relations s’articule autour des récentes prises de position de Giorgia Meloni. La cheffe du gouvernement italien a ouvertement critiqué la décision de l’administration américaine d’entrer en guerre contre Téhéran. Lundi, elle a également dénoncé les commentaires du président américain à l’encontre du pape Léon, les qualifiant d’« inacceptables ». En retour, Donald Trump a accusé l’Italie de dépendre des États-Unis pour sa sécurité énergétique. Il a ajouté que l’Iran n’hésiterait pas à détruire l’Italie en deux minutes s’il possédait l’arme nucléaire, affirmant que la Première ministre ne prenait pas cette menace en considération.
Ni la Maison Blanche ni le cabinet de Giorgia Meloni n’ont souhaité commenter ces déclarations. Sur le plan politique intérieur, la proximité initiale de la dirigeante avec Washington se heurte à une opinion publique italienne de plus en plus réticente. Les données révèlent que 66 % des Italiens ont désormais une perception négative du dirigeant américain. Les instituts de sondage suggèrent que cette alliance a pu peser dans l’échec de Giorgia Meloni lors du référendum sur la réforme de la justice organisé le mois dernier. Ces tensions politiques s’inscrivent dans une période où le blocage du détroit d’Ormuz entraîne une hausse des coûts de l’énergie pour l’Italie, un pays fortement dépendant des importations de pétrole et de gaz.