Crise de liquidité : le PJD dénonce une « asphyxie monétaire » et réclame un remaniement et un nouveau cap

Deux ans après l’investiture de Bassirou Diomaye Faye, l’heure est aux comptes. Si la dynamique souverainiste du régime suscite une forme de considération, la réalité économique sur le terrain est bien moins reluisante. Cheikh Ibrahima Diallo, secrétaire général du parti Justice et Développement (PJD), dresse un bilan sévère et appelle à une profonde réorganisation du gouvernement.

Une croissance qui ne profite pas aux ménages

En apparence, les chiffres sont flatteurs : dopée par les premiers flux d’hydrocarbures, la croissance sénégalaise a atteint 6,7 % fin 2025. L’État continue de payer ses fonctionnaires et ses créanciers. Pourtant, dans les faits, l’argent manque dans les poches des citoyens.

« Le pays tourne, les dettes sont honorées, mais les liquidités se font rares sur le marché. Nos concitoyens n’ont plus de cash, et la consommation s’effondre », alerte Cheikh Ibrahima Diallo. Cette pénurie frappe de plein fouet le petit commerce et l’informel, piliers de la vie quotidienne.

Le poids des institutions financières internationales

Le leader du PJD rappelle que la souveraineté économique, si louable soit-elle, se heurte aux règles rigides du FMI et de la Banque mondiale. Après un déficit du compte courant qui a atteint 12,7 % fin 2024, un retour contraint à l’orthodoxie budgétaire a été imposé. Conséquence : l’économie réelle est privée des liquidités nécessaires.

Pour Cheikh Ibrahima Diallo, défier l’ordre financier mondial ne peut réussir sans une stratégie de long terme et une fine expertise. La rupture ne se décrète pas : elle se prépare.

Remaniement : « Que les compétences priment sur les relations »

Face à l’impasse actuelle, le PJD estime que l’équipe gouvernementale a montré ses limites. Le secrétaire général exhorte le président à user pleinement de ses prérogatives constitutionnelles.

« Il est temps de remanier », insiste-t-il. Et d’ajouter : le chef de l’État doit dépasser les logiques partisanes et les liens d’amitié pour faire appel aux plus brillants technocrates et universitaires du pays. Selon le PJD, seule une République placée au-dessus des clans pourra mener le redressement économique que les Sénégalais attendent avec urgence.

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