POLTRON — À chacun sa mémoire
Maître Ngagne Demba Touré, votre publication aurait eu beaucoup plus de poids si elle venait de quelqu’un qui avait traversé les ténèbres jusqu’au bout.
Vous parlez aujourd’hui de « reniements », de « traumatisme » et de « ressentiment populaire ». Mais permettez-nous de rappeler une petite page de l’histoire récente : en août 2023, alors que la nuit politique était particulièrement sombre, vous avez choisi l’exil et pris la direction du Mali. Vous y êtes resté près de huit mois avant de revenir au Sénégal en février 2024.
Vous aviez certainement vos raisons, et vous les avez publiquement expliquées. Soit. Mais celui qui choisit de s’éloigner lorsque la tempête fait rage devrait éviter, quelques années plus tard, de se transformer en professeur de courage, de fidélité et de résistance.
C’est précisément là que votre publication devient pour le moins surprenante. Vous reprochez aux réseaux sociaux d’être le « siège des ressentis populaires », alors que ces mêmes réseaux ont conservé vos déclarations, vos positions et les images de votre parcours. Internet n’a pas de mémoire sélective, Maître.
Et puisqu’il est question de « fraction messianique », il faut aussi rappeler un principe simple : aucun militant, aucun responsable politique, aussi populaire ou charismatique soit-il, ne doit être placé au-dessus des institutions de la République. Sur ce point, la mise en garde du président de la République contre certaines dérives sur les réseaux sociaux mérite d’être entendue.
Le Sénégal n’a pas besoin d’un culte des personnes. Il a besoin de républicains capables de respecter les institutions, y compris lorsque leurs décisions ne correspondent pas à leurs propres préférences politiques.
Alors, avant de parler du « traumatisme » provoqué par les réseaux sociaux, il faudrait peut-être reconnaître leur principale vertu : ils empêchent l’amnésie.
La politique permet de changer de position. Elle permet même de prendre ses distances. Mais elle ne permet pas de réécrire son propre passé.
Hier, certains étaient aux premières loges lorsque le combat exigeait courage et détermination. Puis, lorsque les ténèbres sont arrivées, certains ont préféré chercher la lumière ailleurs. Aujourd’hui que le soleil s’est levé, les mêmes reviennent expliquer au peuple comment il doit se souvenir.
Non, Maître. Le peuple n’est ni traumatisé ni amnésique. Il se souvient. Il se souvient de ceux qui sont restés lorsque c’était difficile, comme il se souvient de ceux qui ont choisi de prendre leurs distances lorsque la nuit était la plus sombre.
Le courage ne se revendique pas après la tempête. Il se démontre pendant l’orage.
Coumba Ndoffène Diouf
Président du Comité de Pilotage Provisoire Ndawi KIIRAAY Nationale



Profitez bien, vous êtes là à jouer les grandes gueules alors que vous êtes insignifiants. Vivement les élections
C’est maintenant que vous parlez de république et de messianisme, mais hier votre maître lui ne se gêner pas de parler de Sonko comme d’un messie. Alors qu’est-ce qui a changé pour qu’on puisses si vite parler de messianisme ?
Coumba Ndofene Diouf, une vieille girouette sans une once de dignité et qui ne mérite pas le prestige de son prénom. Cim, ñakk jom