Lors de sa rencontre avec la presse, mercredi 2 septembre, le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) a demandé au gouvernement de clarifier rapidement le calendrier des prochains scrutins locaux. L’organisation intervient à moins de cinq mois de l’expiration du mandat des élus territoriaux, alors qu’aucun décret présidentiel n’a encore convoqué le corps électoral. Le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, a rappelé qu’aucune date n’avait été annoncée et que le processus ne pouvait être enclenché sans ce décret.
Les conseils départementaux et municipaux, élus le 23 janvier 2022, doivent achever leur mandat de cinq ans le 22 janvier 2027, selon les articles L.236 et L.269 du Code électoral. Les élections territoriales 2027 doivent donc se tenir dans les 30 jours précédant cette échéance.
Cette incertitude, rapportée par Seneplus, a déjà conduit le collectif Ñoo Lank à saisir la justice. La Cour suprême a toutefois décliné son recours le 27 août 2026, se déclarant incompétente. La procédure, engagée face à l’absence de date officielle, n’a donc pas permis de débloquer le calendrier électoral. Le président Bassirou Diomaye Faye, qui ne dispose plus de la majorité parlementaire depuis sa rupture avec Pastef le 22 mai 2026, a par ailleurs saisi le Conseil constitutionnel pour avis sur un éventuel jumelage des élections législatives et locales.
La fixation d’une date ne constitue toutefois qu’une étape, puisque la révision et l’actualisation des listes électorales, la convocation du corps électoral, le montant de la caution ainsi que le dépôt et le contrôle des candidatures doivent également être précisés. Ndiaga Sylla, qui a lu la déclaration du collectif, estime qu’un retard pourrait fragiliser la sécurité juridique, la transparence et la crédibilité du scrutin.
L’expert électoral a néanmoins indiqué que le COSCE ne constatait pas, à ce stade, d’irrégularité du processus. Le collectif demande aux pouvoirs publics d’ouvrir une concertation avec les partis politiques et les autres parties prenantes, puis de publier la date du vote. Il réclame aussi des éclaircissements sur la mise à jour des listes, la caution et les modalités de candidature, dans une démarche résumée par la formule « prévenir plutôt que contester ».
