Le premier congrès ordinaire de PASTEF-Les Patriotes s’est ouvert ce samedi 6 juin à Diamniadio, dans un climat politique marqué par la rupture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Loin de l’unité affichée pendant la conquête du pouvoir, le parti traverse sa plus grave crise interne, selon Xalima. Cette crise a été précipitée par les divergences publiques entre les deux hommes : Sonko avait déclaré à l’Assemblée que « le Président a fait une erreur », avant d’être limogé de la Primature.
Écarté du gouvernement, Ousmane Sonko a rapidement repris la main sur son appareil partisan en interdisant aux membres de PASTEF de participer au nouveau gouvernement. Cette ligne a conduit à l’exclusion de plusieurs cadres restés fidèles au chef de l’État, désormais considérés comme des dissidents. Deux légitimités s’affrontent : celle du fondateur et leader historique, et celle du président de la République, élu sous la bannière des Patriotes. Dans ce contexte, Serigne Fallou Mbacké Aby a lancé un appel solennel à l’unité et à la défense des institutions, pour éviter une crise de l’administration.
Pour Sonko, ce congrès doit servir de démonstration de force. Il a retracé le parcours de PASTEF depuis 2014 et fixé une nouvelle doctrine politique, réaffirmant son rôle de guide idéologique. L’afflux attendu de nombreux partis et mouvements politiques alliés vise à prouver que son influence dépasse les frontières de PASTEF et qu’il reste le principal pôle d’attraction de l’espace patriotique. L’objectif est clair : montrer que la base militante et les structures du parti lui sont majoritairement acquises.
Mais la question de fond demeure : qui incarne l’héritage politique de PASTEF ? Le président de la République, fort de sa légitimité institutionnelle, ou le leader historique qui revendique la fidélité au projet initial ? Ce congrès ne tranchera probablement pas le débat, mais il permettra de mesurer les rapports de force après une rupture qui continue de secouer le sommet de l’État.
