À la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales, organisée au Cices de Dakar, le commerçant burkinabè Ousmane poursuit ses activités entre le Sénégal et les pays de la CEDEAO. Il affirme que les formalités aux frontières ne freinent pas ses déplacements.
Les commerçants burkinabè au Sénégal décrivent une continuité des échanges malgré le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, effectif depuis le 29 janvier 2025. Souleymane, vendeur de tissus à la foire, estime que les liens entre les populations demeurent, mais pointe l’instabilité dans les pays de la région.
La CEDEAO avait annoncé des mesures transitoires pour maintenir la reconnaissance de documents portant son logo, la circulation sans visa ainsi que les droits de résidence et d’établissement. Ces dispositions visaient aussi à préserver certaines règles commerciales avec les pays de l’AES.
Le dialogue entre les deux organisations a franchi une première étape ministérielle à Dakar le 17 octobre 2026. Les délégations ont convenu de créer des groupes de travail conjoints chargés de préparer un accord-cadre de coopération : ces premières négociations formelles visent à rapprocher leurs positions sans rompre les liens entre les populations ouest-africaines. La représentation de l’AES avait été préparée comme une délégation commune du Burkina Faso, du Mali et du Niger ; la veille, leurs ministres des Affaires étrangères s’étaient réunis à Ouagadougou pour examiner les travaux d’experts. Cette démarche ouvre un canal de discussion, mais ne débouche pas sur une mesure immédiate concernant les visas ni sur un accord déjà conclu sur la circulation.
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Les déplacements restent exposés aux risques sur les itinéraires. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et l’État islamique au Sahel étendent leurs activités vers certaines zones frontalières des pays côtiers, dont le Bénin et le Nigeria, faisant peser des menaces sur les axes routiers et les corridors commerciaux.
Entre le 1er janvier et le 28 novembre 2025, plus de 10 000 décès liés aux violences politiques ont été recensés au Burkina Faso, au Mali et au Niger, selon l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED). Au 31 juillet 2026, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estimait à 3,8 millions le nombre de personnes déplacées de force dans ces trois pays, dont plus de 818 000 réfugiés et demandeurs d’asile.
Ces témoignages et données sont rapportés par Rewmi dans un article signé par la journaliste Sylvie Faye. Ousmane prévoit de revenir au Sénégal en décembre pour la grande foire.



