Cisjordanie : l’alerte de la diplomatie palestinienne sur les opérations menées dans l’ombre du conflit avec l’Iran

Devant un parterre de membres du corps diplomatique, l’Autorité palestinienne a tenu à attirer l’attention de la communauté internationale sur l’évolution de la situation dans les territoires occupés. Alors que les regards sont tournés vers l’escalade militaire régionale, des mesures administratives et sécuritaires redessinent actuellement la carte de la Cisjordanie.

Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, la ministre palestinienne des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian Shahin, accuse les autorités israéliennes d’exploiter les crises actuelles pour accélérer l’expansion des colonies illégales. L’objectif de cette manœuvre serait d’imposer un contrôle permanent sur les terres palestiniennes et de faire avancer des plans d’annexion. Notre rédaction note que cette politique, selon la ministre, menace directement le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et fragilise la perspective d’une solution à deux États.

Le briefing ministériel a également mis en lumière une détérioration sur le terrain. Les colons israéliens mèneraient des attaques quotidiennes coordonnées, incluant des agressions physiques, des incendies de propriétés et la saisie de terres agricoles, le tout sous la protection de l’armée israélienne. Les données du gouvernement palestinien font état de sept Palestiniens tués par des colons depuis le 28 février dernier, date marquant le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Depuis octobre 2023, la violence imputée aux colons a causé la mort de 42 personnes en Cisjordanie. Le bilan global dans la zone, impliquant également les opérations de l’armée, s’élève à 1 133 morts, environ 11 700 blessés et près de 22 000 arrestations.

Au-delà de la question territoriale, des restrictions religieuses sont dénoncées. Varsen Aghabekian Shahin a pointé la fermeture de la mosquée Al-Aqsa depuis le déclenchement des hostilités avec Téhéran, empêchant les fidèles d’y accomplir leurs prières en pleine période de Ramadan. Une mesure qualifiée de violation flagrante de la liberté de culte par la diplomatie palestinienne, qui réclame des actions juridiques concrètes pour assurer la protection des populations.

Ces développements s’inscrivent dans un contexte régional hautement volatil. Depuis la fin du mois de février, l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a fait près de 1 300 morts, dont le guide suprême Ali Khamenei. En riposte, Téhéran a lancé des salves de drones et de missiles ciblant Israël ainsi que des installations militaires américaines situées en Jordanie, en Irak et dans plusieurs pays du Golfe, provoquant des dégâts matériels et perturbant lourdement le trafic aérien mondial.

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