Chronique d’un fiasco annoncé (Par Charles Faye)

Les Lions sont morts. Vive les Lions !

Ils sont tombés. Pas seulement éliminés. Déshabillés. Dépossédés. Déclassés.

Certes, le rêve s’est arrêté en seizièmes de finales de finale, mais le naufrage, lui, avait commencé bien avant le coup d’envoi de cette Coupe du monde.

On ne construit pas un échec en quatre-vingt-dix minutes. On le bâtit lentement. À coups d’illusions. À coups de renoncements. À coups de certitudes. Oubliant que le football est un juge implacable. Qu’il écoute peu les discours. Qu’il méprise les réputations. Qu’il enterre les nostalgies. Qu’il ne connaît qu’une seule loi : celle du présent. Et le présent des Lions sentait déjà la fin de cycle.

Les jambes étaient lourdes. Les regards moins vifs. Les accélérations plus rares. Les retours défensifs plus lents. L’instinct avait laissé place à l’habitude. Le feu s’était transformé en braise.

Cette génération de Sadio Mané, Idrissa Gana Gueye, nous a tout donné. Deux étoiles continentale si le TAS dit oui. Des émotions éternelles. Une fierté nationale. Mais la reconnaissance n’autorise pas l’aveuglement.

Le football ne distribue pas des retraites honorifiques. Il renouvelle les élites ou les exécute. Pendant que les grandes nations préparaient leurs héritiers, le Sénégal protégeait ses monuments.

Pendant que le monde fabriquait le futur, nous conservions le passé sous cloche. Le temps, lui, ne signe jamais de compromis.

Et puis il y eut le banc. Pape Thiaw n’a pas seulement perdu un match. Il a perdu la bataille des idées.

Le football moderne devenu un laboratoire, exige de l’audace, de la vitesse intellectuelle, de la flexibilité tactique. Ce football n’attendait pas de Pape Thiaw qu’il lui réponde par des automatismes. Par des choix prévisibles. Par des changements tardifs. Par une lecture figée d’un jeu devenu liquide.

Quand les autres improvisaient, nous répétions. Quand les autres inventaient, nous récitions. Quand les autres accéléraient, nous regardions le chronomètre.

L’entêtement est parfois une vertu. À ce niveau, il devient une condamnation.

Mais le véritable responsable ne porte ni crampons ni survêtement. Il siège. Il administre. Il organise.

Une fédération ne se juge pas uniquement aux trophées qu’elle soulève. Elle se juge surtout à sa capacité d’anticiper les défaites.

Et c’est précisément là que le système s’est fissuré.

Depuis des années, les victoires servaient de camouflage. Les alertes étaient repoussées. Les critiques étaient caricaturées. Les lanceurs d’alerte étaient présentés comme des ennemis.

Dans notre football, le consensus est devenu une prison. On applaudissait quand il fallait réformer. On célébrait quand il fallait reconstruire. On dormait pendant que le monde travaillait.

Et le réveil est brutal. Très brutal.

Mais les terrains racontent toujours l’histoire d’un pays.

Comment une sélection pourrait-elle être totalement sereine quand sa nation traverse des turbulences politiques, économiques et sociales ?

Comment demander de la lucidité quand le climat général produit de l’incertitude ?

Le football n’est jamais isolé. Il respire l’air du pays. Quand l’air devient lourd, les jambes le deviennent aussi.

Cette élimination n’est donc pas une surprise. C’est une sentence. La sentence d’un football qui a cru que le passé pouvait éternellement financer l’avenir.

La sentence d’une gouvernance qui a préféré gérer son prestige plutôt que préparer sa succession. La sentence d’un système où l’émotion a trop souvent remplacé la réflexion.

Les Lions ne sont pas morts hier. Certains vieillissaient sous nos yeux. Nous refusions simplement de regarder.

Voilà la véritable tragédie.

Ce n’est pas d’avoir perdu. C’est d’avoir perdu exactement comme on nous avait prévenus.

Les cycles sont cruels. Nous le prévenions. Les Lions de 1986 se sont effondrés en 1992 à Dakar. Ceux de 2002 ont disparu en 2009 toujours à Dakar.

Ceux de 2021 n’ont pas échappé à la même loi, sauf que cette fois c’est aux yeux du monde.

L’histoire frappe toujours deux fois ceux qui refusent de l’étudier.

Aujourd’hui, il faut avoir le courage de fermer un livre pour en ouvrir un autre.

Changer des hommes. Changer des méthodes. Changer des habitudes. Changer de culture. Changer avant que le football mondial ne nous condamne définitivement à regarder les autres jouer.

Parce que le plus grand danger n’est pas cette élimination. Le plus grand danger serait de croire qu’il suffit de remplacer un sélectionneur pour sauver un système.

Non. C’est tout un logiciel qu’il faut réinitialiser. Tout un modèle qu’il faut repenser. Tout un imaginaire qu’il faut reconstruire.

Car les grandes nations ne renaissent jamais dans le confort.

Elles renaissent dans la vérité. Et la vérité est brutale.

Le Sénégal n’a pas perdu une Coupe du monde. Il a perdu le droit de continuer à vivre sur ses souvenirs.

Le football mondial avance à cent à l’heure. Les Lions, eux, regardaient encore dans le rétroviseur.

Et dans le football comme dans l’Histoire, ceux qui passent leur temps à contempler leurs gloires finissent toujours par disparaître du paysage.

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16 commentaires

  1. Tu nous pompes l’air, le football n’est pas une science exacte, il ya des nations beaucoup plus représentatives foôtballistiqûement parlant qui sont éliminées sans autant de tapage dans leur pays.En prenant le cas de l’Allemagne avec 4 étoiles, je pense que le recul et le calme doivent vous incomber.
    Arrêtez de vouloir être plus royal que le roi.

    • C’est tout à fait cela! Les esprits dotés d’intelligence et qui ont assez de confiance en soi pour reconnaître la bonne analyse de l’autre…

  2. Il veut se faire un nom .
    Depuis quand il est devenu foot bailleur?
    Il est habitué à changer de chemise.
    Y’a que ceux qui travaillent qui se trompent.Facile de se vautrer derrière son clavier et de raconter des bobards. Cette défaite nous fait tous mal mais sachons raison garder.Ne jetons pas la pierre avec autant de cruauté à ceux qui nous ont fait jubiler y’a pas longtemps.

  3. Une federation incapable de former la nouvelle generation est inacceptable il faut donner la chance aux jeunes l’equipe junior est pleins de talan et depuis 10 ans c’est la meme equipe..

  4. Résumé : Performance du Sénégal et Voie à Suivre L’élimination précoce du Sénégal reflète des problèmes plus profonds qui doivent être abordés avec honnêteté et urgence. L’équipe a besoin d’un renforcement de la concentration mentale, de la discipline et du caractère, car le talent seul ne suffit pas au niveau international. Le football moderne exige technicité, structure, processus et respect des standards de haute performance — des domaines où le Sénégal a manqué de solidité.Le leadership doit également évoluer. Pape Thiaw a besoin de développement supplémentaire en coaching et en préparation tactique pour guider l’équipe efficacement. Le
    Sénégal n’était pas pleinement prêt pour la Coupe du Monde, et le résultat en est la conséquence logique.La Coupe du Monde réunit les équipes les mieux préparées, les plus disciplinées, les plus déterminées et les plus méritantes. Celles qui manquent de structure rentrent tôt à la maison. Le Sénégal doit maintenant s’arrêter, réfléchir et reconstruire. L’équipe doit se réunir, analyser, brainstormer et avancer avec des actions concrètes plutôt que des excuses.
    Plus de reproches, plus de doigts pointés — seulement de la responsabilité, de la détermination et un plan clair.Les actions parlent plus fort. La concentration, la discipline et l’unité définiront le prochain chapitre du Sénégal.
    Bon Courage !

    Merci.

  5. Pour gagner le coach du Portugal, martinez a fait un choix fort en sortant Ronaldo au profit de gonzalo ramos , resultat il marquee le but victorieux , ce que pape thiaw ‘ n’a pas ose faire , on est tous d’accord que a 2 0 a la 85 minute il fallait sortir sadio mane et faire rentrer un defenseur Pour epauler pathe ciss face a lukaku ou faire rentrer un milieu de terrain supplementaire juste Pour conserver le score , a la 85 minute , sadio mane etait cuit physiquement , c’est ca la difference avec les coachs europeens, sud americains ; la lecture du jeu , pape thiaw n’est pas du tout experimente .

  6. Merci Charles pour moi le président de la fédération est un homme faible et manipulable Pape Diaw il à de la chance de remplacer Aliou Cissé l’équipe été en place c’est le travail Aliou mais Pape n’a pas convaincu et staff aussi soit ont amène un bon adjoint soit ont vire Pape ont recrute un coach de haut niveau le Sénégal n’est plus une petite équipe voilà

  7. Dans un pays, quand les gens se respectent, ce pays peut aller loin. Diomaye est le seul responsable de cette humiliation. Élu sur la base d’un programme de reddition des comptes qu’il avait présenté aux Sénégalais, il a dévié de sa trajectoire pour dérouler son propre agenda. Si cette mafia fédérale avait été contrainte de rendre des comptes, le football sénégalais ne serait pas dirigé par une bande de malfaiteurs. Ce qui se passe dans le football n’est que la face visible de l’iceberg : dans tous les secteurs, Diomaye recycle des voleurs. Changer un ministre des Sports à une semaine du démarrage de la Coupe du monde pour des calculs politiques, c’est purement et simplement du sabotage.

  8. Toute participation à une compétition internationale doit être suivie d’un bilan d’activité objectif. Il s’agit d’analyser les réussites et les axes d’amélioration, d’en comprendre les causes, d’appliquer les actions correctives requises et de figer les nouvelles procédures pour pérenniser la performance.
    En somme, tout est dit. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais simplement d’appliquer des règles bien connues de tous. C’est pourquoi l’on peut affirmer que, même dans le sport de compétition, les standards de la famille ISO 9000 ont pleinement leur place.

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