Comment l’Afrique peut-elle gérer ses ressources en eau sans laisser les frontières freiner les réponses communes ? À Kigali, au Rwanda, le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh T. Dièye, a défendu une coopération transfrontalière de l’eau comme une nécessité stratégique.
Le ministre participe au symposium africain consacré au leadership dans les systèmes d’eau et d’assainissement. Il préside également le Conseil des ministres africains en charge de l’Eau (AMCOW). Selon lui, l’eau et l’assainissement relèvent désormais du développement, de la santé publique, de la sécurité alimentaire, de l’énergie, de la résilience climatique, de la paix et de la stabilité.
Dans une déclaration rapportée par Dr Cheikh T. Dièye et relayée par EnQuête+, il appelle à accroître les capitaux publics et privés, à mettre en place des mécanismes de financement innovants et à renforcer les institutions africaines de financement du développement.
Des bassins transfrontaliers à transformer en espaces de coopération
Les données citées lors du symposium indiquent qu’environ 90 % des eaux de surface africaines traversent les frontières. Elles contribuent aux moyens de subsistance d’au moins 75 % de la population du continent. Plus de 40 % des Africains dépendent aussi d’aquifères transfrontaliers, notamment dans les zones arides et exposées à la sécheresse.
Cheikh T. Dièye estime que les bassins partagés doivent favoriser la coopération, l’intégration et une prospérité commune plutôt que la compétition. Il considère également que l’eau doit rapprocher les peuples africains et non les diviser.
Une position africaine commune attendue à Abu Dhabi
Le ministre a rappelé que le Sénégal co-organisera avec les Émirats arabes unis la Conférence des Nations Unies sur l’Eau, du 8 au 10 décembre, à Abu Dhabi. Il souhaite que cette rencontre dépasse le cadre des deux pays et constitue un moment important pour l’Afrique.
La préparation engagée depuis Dakar doit, selon lui, reposer sur le dialogue, la mobilisation et l’action. Il plaide pour une position africaine commune, des priorités identifiées, des engagements crédibles et des propositions concrètes sur le financement, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, le climat, les infrastructures, la gouvernance et l’innovation.
