Alors que la loi de finances avait retenu 254 milliards de FCFA pour les subventions énergétiques, le gouvernement évoque désormais des montants bien plus élevés sous l’effet de la crise au Moyen-Orient et de la hausse des cours du pétrole.
Vendredi, devant les députés réunis pour les Questions d’actualité au Gouvernement, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a indiqué que les prévisions actuelles doivent être revues à partir de plusieurs scénarios. Dans les informations rapportées par Rts, il a expliqué qu’avec un prix du baril fixé à 85 dollars, les subventions énergétiques pourraient atteindre 774 milliards de FCFA. Cela représenterait un écart de 524 milliards à couvrir par le budget de l’État, par rapport aux montants inscrits au départ.
Le ministre a aussi détaillé une hypothèse plus lourde. Si la crise se prolonge et que le baril monte jusqu’à 115 dollars en 2026, la charge des subventions pourrait grimper à 1 396 milliards de FCFA. Selon Cheikh Diba, un tel niveau impliquerait un effort budgétaire supplémentaire de plus de 1 100 milliards de FCFA par rapport aux prévisions initiales.
Cette pression sur les finances publiques s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des dépenses engagées dans le secteur de l’énergie. Le 15 mai 2026, Cheikh Diba avait indiqué devant les députés que l’État avait décaissé de manière anticipée 165,5 milliards de FCFA pour le Fonds de soutien au secteur de l’énergie, afin d’assurer l’approvisionnement en combustible de la Senelec.
Cheikh Diba a toutefois précisé qu’une hausse des prix pétroliers peut aussi générer des recettes fiscales supplémentaires pour l’État. D’après ses chiffres, l’hypothèse d’un baril à 85 dollars donnerait 135 milliards de FCFA de recettes additionnelles, un montant qui pourrait monter à 185 milliards si les cours progressent davantage. Il a aussi déclaré avoir proposé, dès le début de la crise, une révision des prix des produits énergétiques pour partager la charge avec les consommateurs, mais le Premier ministre a jusque-là opposé une réponse négative.