Quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, l’armée israélienne a mené une vague de frappes aériennes au Liban, faisant plus de 250 morts. Cette offensive met en lumière un désaccord diplomatique profond sur le périmètre exact de la trêve.
Mercredi, le Liban a connu sa journée la plus meurtrière depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran il y a près de six semaines. La Défense civile libanaise fait état de 254 personnes tuées et 1 165 blessées dans des bombardements ayant visé Beyrouth, la vallée de la Bekaa et le sud du pays. Jeudi, Israël a également annoncé avoir éliminé Naim Qassem, un proche collaborateur du chef du Hezbollah. Les hôpitaux de la capitale, submergés, ont lancé des appels urgents aux dons de sang et à la mobilisation du personnel médical face à l’afflux de victimes.
Ces frappes interviennent juste après l’annonce d’une trêve de deux semaines entre Washington et Téhéran. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, une confusion majeure entoure l’application de cet accord. Le cœur du différend réside dans l’inclusion ou non du Liban dans le périmètre du cessez-le-feu.
D’un côté, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays a joué un rôle central de médiateur, a affirmé que l’accord prévoyait l’arrêt des attaques sur tous les fronts, y compris au Liban. L’Iran partage cette position. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exigé que les États-Unis fassent respecter cette trêve globale, soulignant que Washington devait choisir entre le cessez-le-feu et la poursuite de la guerre via Israël.
De l’autre côté, les responsables américains et israéliens contestent cette interprétation. Donald Trump a précisé que les affrontements au Liban constituaient un conflit distinct. JD Vance, désigné pour diriger les négociations américaines avec l’Iran prévues à Islamabad, a déclaré que la trêve n’incluait pas le Liban, estimant que la partie iranienne s’était méprise sur ce point. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pour sa part affirmé que cet accord ne liait pas Israël concernant ses opérations militaires contre le Hezbollah.
Cette divergence menace de compromettre les pourparlers pour un règlement permanent avant même leur ouverture au Pakistan. Le Hezbollah, allié clé de Téhéran, était entré dans le conflit fin février à la suite de l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei par l’armée israélienne.
Face à l’escalade, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que l’activité militaire au Liban posait un risque grave pour le cessez-le-feu. Plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Qatar, l’Égypte et l’Espagne, ont condamné l’ampleur des destructions et plaidé pour l’intégration formelle du Liban dans l’accord de cessation des hostilités. À ce jour, le conflit a provoqué le déplacement de plus de 1,2 million de personnes sur le territoire libanais.
