La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a mis à l’arrêt l’une des artères les plus critiques du commerce mondial : le détroit d’Ormuz. Face à la flambée des cours du pétrole et à la paralysie du trafic maritime, la France, appuyée par ses alliés européens, prépare une réponse militaire d’envergure pour sécuriser la zone.
S’exprimant lundi depuis Chypre, le président français Emmanuel Macron a dévoilé les contours d’une mission « purement défensive » destinée à escorter les porte-conteneurs et les pétroliers. Pour garantir cette liberté de navigation, le chef de l’État a ordonné un déploiement qualifié d’« inédit » vers la Méditerranée orientale et le Moyen-Orient. Cette force navale sera composée de huit navires de guerre, de deux porte-hélicoptères et du porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle.
Cette opération de sécurisation ne débutera qu’une fois la « phase la plus intense » du conflit terminée. En attendant, les dispositifs de protection se renforcent autour de Chypre, ciblée récemment par une attaque de drone sur une base britannique. La France y a déjà dépêché la frégate Languedoc, tandis que la Grèce a mobilisé quatre avions de chasse F-16 et deux frégates, Kimon et Psara. À l’issue de sa rencontre avec le président chypriote Nikos Christodoulides et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Paphos, Emmanuel Macron a souligné qu’une attaque contre Chypre équivalait à une attaque contre l’Europe.
L’initiative française a immédiatement fait réagir Téhéran. Ali Larijani, haut responsable de la sécurité iranienne, a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il était improbable de rétablir la sécurité dans le détroit d’Ormuz sous l’égide de parties ayant soutenu ou attisé la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël. La région reste sous haute tension, marquée par les offensives américano-israéliennes et les frappes de représailles iraniennes à travers la région.
L’enjeu économique est colossal. Le blocage du détroit, par lequel transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole, a fait bondir les prix du brut d’environ 50 % depuis le début des hostilités le mois dernier. Le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars lundi. Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances du G7 n’ont pas encore décidé de puiser dans les réserves stratégiques d’urgence. Le ministre français Roland Lescure a toutefois assuré que les outils nécessaires seraient utilisés pour stabiliser le marché si le besoin s’en fait sentir.
La normalisation de la situation prendra du temps. Interrogé par Al Jazeera, Paul Hickin, rédacteur en chef et économiste en chef chez Petroleum Economist, a précisé que la réouverture du détroit d’Ormuz restait conditionnée à une résolution du conflit. Cette fermeture prolongée affecte durement des pays producteurs comme le Koweït et l’Irak, dont les exportations sont actuellement bloquées, rendant improbable une baisse rapide des prix de l’énergie à court terme.
Tempête dans un verre d’eau.
Le complexé petit Macron, bande ses petits muscles pour exister dans cet imbroglio médiatique.