Romuald Wadagni a été officiellement investi président du Bénin ce dimanche 24 mai à Cotonou. Élu le 12 avril avec plus de 94 % des voix, l’ancien ministre des Finances succède à Patrice Talon après dix années de pouvoir et entame un mandat de sept ans renouvelable.
La cérémonie s’est tenue au palais présidentiel de Cotonou, après la proclamation officielle de son élection par le greffier en chef de la Cour constitutionnelle. Le nouveau chef de l’État a ensuite prêté serment dans un format court, sans chefs d’État invités, selon des informations rapportées par l’AFP et Jeune Afrique. Le serment a été suivi de douze coups de canon.
En avril, son élection s’était jouée sans suspense. Romuald Wadagni avait recueilli 94,05 % des suffrages face à Paul Hounkpè, tandis que la participation avait atteint 58,75 %, soit 4,64 millions de votants. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, n’avait pas pris part au scrutin, faute d’un nombre suffisant de parrainages, et traverse une crise profonde.
Après son investiture, Romuald Wadagni a d’abord rendu hommage à son prédécesseur avant de rappeler plusieurs engagements. Il a notamment déclaré qu’une croissance nationale ne prend sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie quotidienne des populations. Il s’est aussi adressé aux jeunes du Bénin, en affirmant que le pays leur donnerait des chances de réussir.
Deux dossiers ressortent déjà. Le premier concerne la sécurité dans le nord du pays, où des groupes jihadistes mènent des attaques récurrentes et recrutent dans la population béninoise. Le président a assuré que l’État resterait ferme face à tout ce qui menace la cohésion et la sécurité, tout en appelant à travailler avec les pays voisins.
Le second dossier touche aux relations avec les voisins sahéliens, en particulier le Niger, dont les autorités accusent régulièrement le Bénin de vouloir déstabiliser leur pays. Ce dimanche 24 mai, le Niger était représenté par son Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, tandis que le Burkina Faso et le Mali avaient dépêché leurs ministres des Affaires étrangères.
Sur les libertés publiques, Reporters sans frontières a demandé cette semaine à Romuald Wadagni d’inscrire la liberté de la presse parmi les priorités de son mandat et de libérer des journalistes emprisonnés.