Créateur de contenus, entrepreneur et acteur engagé contre la vie chère, Bathie Drizzy s’est construit loin des parcours linéaires. À l’état civil, Samba Kane, 35 ans, est né à Pikine et a quitté l’école malgré de bons résultats.
Aîné de trois sœurs et seul garçon de sa famille, il raconte une enfance bouleversée lorsque son père est parti en voyage, laissant sa mère se débrouiller pour subvenir aux besoins du foyer. Il a alors abandonné ses études pour travailler.
Le jeune homme s’est formé à la mécanique puis au marketing. Il a ensuite exercé comme agent commercial pendant trois ans, avant de se lancer dans la vente de parfums et d’autres articles.
Dans son quartier, il garde le souvenir d’une jeunesse active entre football, soirées dansantes et baignades au Technopôle. Les réseaux sociaux sont arrivés plus tard, d’abord comme un simple passe-temps.
Durant ses moments libres, il rédigeait des textes comiques que ses proches partageaient. Un ami lui a conseillé de signer ses publications. Le surnom « Drizzy », inspiré d’un rappeur appelé Dreg, est alors devenu son identité publique.
Le nom s’est progressivement transformé en marque. Le créateur vend des tee-shirts, des casquettes et des pulls portant sa signature et ses textes. La viralité de ses publications lui a ouvert des portes dans les collaborations et les partenariats, tout en lui permettant de générer des revenus.
Bathie Drizzy n’a toutefois pas abandonné son activité entrepreneuriale. Ses publications mêlent humour, sensibilisation, motivation et éducation. Il y aborde notamment les viols impunis, la criminalité et les difficultés d’accès aux soins.
Son engagement s’est aussi exprimé à travers l’initiative 30 jours pour le juste prix, présentée comme une plateforme citoyenne et un observatoire des prix. Le dispositif prévoyait des boycotts ciblés, la dénonciation de pratiques jugées abusives et une marche pacifique. Une marche organisée le 5 septembre 2026 a ensuite contribué à donner davantage d’ampleur à la mobilisation contre la vie chère à Dakar.
Ce parcours a également dépassé les frontières sénégalaises. Il a voyagé dans huit pays, dont la France, le Maroc, l’Autriche, les États-Unis et Dubaï. Il a aussi été choisi pour le programme IVLP, l’International Visitor Leadership Program, qui réunit des participants de 20 pays africains afin de renforcer les relations diplomatiques entre les États-Unis et les autres pays.
Le succès numérique a modifié sa vie, reconnaît-il dans un portrait publié par lesoleil. Malgré les commentaires hostiles reçus à ses débuts, il dit désormais supprimer les messages irrespectueux et bloquer leurs auteurs.
Si les réseaux sociaux disparaissaient, Bathie Drizzy a indiqué qu’il poursuivrait son activité d’entrepreneur ou redeviendrait salarié.
