Un réseau d’avortements clandestins opérant entre Dakar et Saly depuis plus d’un an a été démantelé par la brigade de recherches de Saly Portudal. Trois personnes ont été interpellées et traduites devant le tribunal de grande instance de Mbour : une déléguée médicale, un faux médecin et un fournisseur de médicaments.
Selon L’Observateur, qui a assisté à l’audience, le réseau fonctionnait selon une organisation bien structurée. La déléguée médicale, S. B. Ndiaye, jouait le rôle d’intermédiaire en se procurant illégalement des produits abortifs auprès d’un fournisseur, O. Ndiaye, marchand ambulant au marché « Keur Serigne Bi » à Dakar. Les médicaments étaient revendus entre 12 000 et 15 000 francs CFA la boîte.
Les produits étaient ensuite acheminés à Saly où un faux médecin, F. Kane, procédait aux interventions, facturées jusqu’à 120 000 francs CFA. La déléguée médicale percevait une commission sur chaque opération, selon les révélations du quotidien du Groupe futurs médias (GFM).
Une infiltration décisive
Le démantèlement du réseau a été rendu possible grâce à une opération d’infiltration menée par la gendarmerie. Une gendarme s’est fait passer pour une patiente afin d’obtenir un rendez-vous. Lors de la transaction, le faux médecin a contacté la déléguée médicale pour des précisions sur la posologie, confirmant ainsi l’existence du réseau et permettant l’interpellation immédiate des trois suspects.
À la barre, les prévenus ont reconnu les faits. Le procureur, dénonçant des pratiques qu’il a qualifiées de « terrifiantes » et motivées uniquement par le gain financier au détriment de la santé des patientes, a requis deux ans de prison ferme et une amende de 100 000 francs CFA contre chacun des accusés. Le verdict est attendu le 6 janvier prochain.




