La piste qui relie Tattaguine à Thiamène, dans le département de Fatick, est devenue un calvaire quotidien pour les habitants. Déformée par le passage incessant des poids lourds du chantier de l’autoroute à péage Mbour-Fatick-Kaolack, elle est « presque impraticable, surtout pendant l’hivernage », témoignent les riverains. Une situation qui a poussé les populations à organiser une conférence de presse dimanche pour interpeller les autorités et l’entreprise en charge des travaux.
Des doléances pour des mesures compensatoires
Les habitants ne s’opposent pas à l’infrastructure, mais réclament des retombées concrètes. Sidy Thiam, leur porte-parole, a énuméré leurs revendications : le bitumage de l’axe Tattaguine–Thiamène–Ngohé Ndoffogor, la construction d’un collège et d’un poste de santé, le remblayage des carrières abandonnées et l’aménagement d’une sortie sur l’autoroute au niveau de Thiamène. Cette dernière permettrait de desservir plusieurs communes des environs, dont Djilas, Diofior et les îles du Saloum.
Sur le plan agricole, l’impact est lourd. Mor Galla Ndao, conseiller municipal, souligne que la réalisation de l’autoroute a englouti une grande partie des terres cultivables, principal moyen de subsistance local. « Deux carrières d’environ 30 hectares, à l’est et au sud du village, ont privé de nombreux agriculteurs de leurs moyens de production », a-t-il déploré, ajoutant que l’extension future du village et l’élevage sont également compromis.
Fatou Rokhy Niass a pris la parole au nom des femmes pour dénoncer les difficultés d’accès aux soins. « Pendant la construction du pont, les déplacements sont devenus très difficiles. Les femmes enceintes vivent un véritable parcours du combattant pour atteindre une structure sanitaire », a-t-elle insisté, évoquant aussi la baisse des revenus pour celles qui se rendent aux marchés hebdomadaires.
Ces doléances interviennent alors que le projet autoroutier a récemment franchi une étape avec l’ouverture du tronçon Mbour–Thiadiaye en avril dernier, alors que le niveau d’avancement des travaux atteignait 92 %. Mais pour les habitants de Thiamène, les désagréments persistent sans contrepartie, rappelant les menaces de blocage proférées en novembre 2025 par d’autres impactés. Selon l’APS, Sidy Thiam a souligné : « Nous ne sommes pas contre cette infrastructure. Nous voulons simplement des retombées concrètes. »
