Le Sénégal appliquera-t-il sans réserve la nouvelle loi durcissant les sanctions contre les « actes contre nature » ? Devant l’Assemblée nationale, le 22 mai 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a répondu sans ambiguïté : aucun moratoire n’est envisagé et le texte sera exécuté.
La réforme visée est la loi n°2026-08, adoptée le 27 mars 2026. Elle modifie l’article 319 du Code pénal sénégalais issu de 1965. Selon les éléments rapportés par 237online, les peines prévues vont désormais de 5 à 10 ans d’emprisonnement, avec des amendes comprises entre 2 et 10 millions de francs CFA. Le texte élargit aussi son champ en sanctionnant l’apologie et le financement des actes visés.
Un refus de moratoire devant les députés
Face aux députés, Ousmane Sonko a rejeté l’idée d’une suspension de l’application de cette loi, présentée dans ses propos comme une demande formulée par certains partenaires et organisations. Le Premier ministre a déclaré que le Sénégal demeurait un pays souverain, déterminé à se protéger contre des pratiques que sa société n’accepte pas.
Cette séquence prolonge une démarche engagée plus tôt dans l’année. Le 18 février 2026, le gouvernement avait adopté en Conseil des ministres un projet de loi réécrivant l’article 319, avec une définition plus précise des faits incriminés et l’introduction de sanctions contre l’apologie et le financement. Le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale avait ensuite examiné ce projet porté par le gouvernement de Sonko, avant l’adoption de la loi le 27 mars.
Le chef du gouvernement a également visé les pressions diplomatiques occidentales, dénonçant ce qu’il a qualifié de « tyrannie ». Il a aussi répondu à des critiques venues du continent africain, en ciblant implicitement Me Alice Nkom, avocate camerounaise connue pour son engagement en faveur des droits LGBT en Afrique.
Le 4 avril 2026, dans le contexte des préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse que Dakar doit accueillir en 2026, Ousmane Sonko avait déjà affirmé la primauté des lois sénégalaises après avoir évoqué les préoccupations exprimées par un ambassadeur sur un possible durcissement de la législation.